30 ans, l’âge d’or pour les femmes ? Mon œil !
Le 12-04-2010 dans Actualités, Vie au quotidien
Adolescente, j’entendais souvent dire qu’arrivée à la trentaine, une femme était enfin totalement épanouie : amoureuse, en pleine évolution de carrière, sachant enfin qui elle était et ce qu’elle désirait… Terminé les statuts de stagiaires midinettes, terminé les galères de loyer, terminé les plats de pâtes au thon et à la tomate, terminé les embrouilles avec les mecs qui n’en valent pas la peine. Terminé aussi les pressions parentales, les cours d’informatique inutiles à la fac, l’angoisse du premier entretien d’embauche… Toutes nos premières fois sont bouclées, ou presque… Nous serions donc censées nous, jeunes femmes trentenaires, pas encore Madame et plus vraiment Mademoiselle, plus très fraîches mais pas encore ridées, nous sentir enfin libres et indépendantes.
Plus épanouie qu’à 18 ans, sans aucun doute. Mais de là à tomber en extase profonde… laissez-moi rire !
Bizarrement, dans mon entourage de copines « en détresse », approchant ou ayant déjà franchi le cap de leur trentième anniversaire, l’épanouissement est loin d’être total. Au top du classement des prises de tête : la vie personnelle. Celles qui sont en couple commencent à penser sérieusement au mariage (ou au PACS !). Celles qui sont mariées se posent des questions sur leur future maternité. Celles qui sont déjà mariées et mère de famille ne sont jamais à l’abri d’un fameux : « Eh ben, c’est pour quand le deuxième ?! ». Quant à celles qui n’ont pas trouvé le prince charmant, c’est l’enfer ! « Alors, toujours pas de petit ami en vue ? », « Quoi, t’as déjà rompu avec machin chose ? ». Deux alternatives s’imposent alors à ces âmes damnées : devenir « asexuées » ou se métamorphoser en véritable prédatrice, quitte à devenir les bêtes noires de leur meilleures amies casées.
Mais la vie privée n’est pas le seul serpent de mer des trentenaires. Il y en un autre, plus insidieux, plus pervers, plus sournois… celui du travail. Après des années d’études (eh oui c’est bien connu, les filles c’est doué à l’école !), on débarque dans l’univers impitoyable de l’entreprise. Impitoyable, pourquoi ? Parce qu’au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années de dur labeur, vous n’êtes à l’abri de rien, ni d’un licenciement, ni d’un boss qui ne voit pas pourquoi il chercherait à vous faciliter la tâche lors de votre première grossesse. Nous, filles des années 80, nous nous heurtons à un marché économique désastreux, avec ce terrible sentiment que nos rêves d’enfant s’évanouissent un peu plus avec les années. 30 ans, c’est la galère des promotions, des remises en question, des congés mat, des doutes, le tout saupoudré d’une noisette d’épuisement. Heureusement, nous les femmes de la génération Y sommes lucides sur nous-mêmes ! Plus question de vendre notre âme au diable. Avec nous, vous n’êtes pas non plus à l’abri. Pas à l’abri d’une rupture, d’une démission, d’un coup de gueule et surtout d’une énergie féroce qui peut conduire à des changements durables, ici et ailleurs…
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