Congé paternité : un maire de Tokyo donne l’exemple
Le 19-04-2010 dans Actualités, Vie au quotidien
Au Japon seuls 1,2% des hommes prennent un congé paternité, par peur de représailles. Un maire de Tokyo a pris les devant.
«Donner l’exemple». C’est dans cet esprit qu’un maire d’arrondissement de Tokyo envisage de prendre un congé paternité. «Je suis ravi d’annoncer la naissance de mon premier fils. J’aimerais profiter de ma paternité», a précisé Hironobu Narisawa, 44 ans, ajoutant qu’il s’octroyait deux semaines de pause à compter du 3 avril.
La loi japonaise, ici en avance sur les mœurs, permet aux mères comme aux pères de prendre jusqu’à un an de congé parental, indemnisé à 50% du salaire. Mais seuls 1,2% des hommes en bénéficient, car les pères qui souhaitent interrompre leur activité à l’occasion d’une naissance se heurtent souvent à l’incompréhension de leur entourage professionnel. Avant même la question des difficultés économiques, c’est cet état d’esprit qui contraint les pères à renoncer au congé parental, selon les études d’opinion menées sur le sujet. Ils craignent tout simplement de perdre leur emploi.
Avec ce geste, le maire espère donc qu’il «contribuera à promouvoir un environnement de travail où les hommes peuvent prendre un congé parental sans craindre de représailles». Réaction enchantée de la responsable de l’équilibre au travail, au ministère nippon des Affaires Sociales : «C’est formidable qu’un homme d’influence, comme le chef d’une localité, prenne un congé, un tel geste contribue à changer les mentalités», a estimé Yumiko Jozuka.
Péril démographique
Cette annonce intervient dans un contexte démographique difficile. La population vieillit et à ce rythme, le Japon pourrait perdre près de 30 millions d’habitants d’ici 2050. La décision du maire a donc été saluée par le gouvernement de centre-gauche, dont l’un des objectifs est de faire remonter un taux de fécondité bloqué à 1,37 enfant par femme en 2008. Le pouvoir a promis d’instaurer une allocation familiale de 13.000 yens (105 euros) par mois et par enfant. Mais le combat pour la natalité est loin d’être gagné : une étude menée en 2009 a montré que 40% des Japonais ne ressentaient pas le besoin d’avoir des enfants après s’être mariés.
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