Crise de genre
Le 19-04-2010 dans Vie au quotidien
Depuis le déclenchement de la crise financière, la question est sur toutes les lèvres : les femmes auraient-elles fait mieux ?
Les français le croient, selon certains sondages.
«Les subprimes ont-ils un sexe» ? C’est la question que pose Pierre-Antoine Delhommais, journaliste au Monde, à l’occasion de la journée de la femme début mars et 18 mois après le déclenchement de la crise.
Car la science a sa petite idée sur la chose. Des chercheurs de l’université de Cambridge ont analysé les comportements de dix sept traders de la City, placés en situation identique, face à la prise de risques dans leurs activités. Matin et soir, ils ont présenté leur bouche aux scientifiques et se sont vu prélever des échantillons de salive.
Le résultat, en un mot : testostérone. Plus la concentration de cette hormone augmente, plus le financier joue avec le feu et rapporte de l’argent.
Constat confirmé par une autre étude, conduite celle-là entre les murs de l’université de Chicago. 500 étudiants se sont pliés à l’exercice, qui consistait à choisir entre un gain financier fixe mais certain, et un autre plus important mais risqué. «Les femmes – qui produisent aussi de la testostérone, mais en bien moindre quantité – présentant des taux d’hormone masculine anormalement élevés prenaient sept fois plus de risques financiers que les étudiantes ayant un taux normal», explique le journaliste du Monde, qui se fait aussi l’écho d’un sondage commandé il y a quelques années pour la Caisse d’Epargne confirmant l’impact du genre sur le risque : «Pour les femmes, 81 % des hommes sont « joueurs » avec l’argent, tandis que 58 % des hommes jugent les femmes « prévoyantes »».
84% des français souhaitent voir plus de femmes aux postes stratégiques
Ce décalage, les français le perçoivent aujourd’hui encore. Interrogés par le CSA pour le «Figaro Madame», un tiers d’entre eux accorderaient plus facilement leur confiance à des femmes placées à la tête d’institutions publiques, de PME et même de banques. Et si près de la moitié des français ne font pas de différences entre hommes et femmes, ils sont tout de même 84% à souhaiter voir plus de femmes aux postes stratégiques à l’issue de la crise. «Peut-être parce qu’elles donnent la vie et la maintiennent à travers les responsabilités du ménage, les femmes sont plus raisonnables, plus sensibles aux conséquences de leurs actes sur l’économie réelle», estime ainsi dans les colonnes du Figaro Madame Maria Nowak, présidente de l’Association pour le droit à l’initiative économique. Nicole El Karoui, professeur de mathématiques appliquées à la finance à l’Ecole Polytechnique se range aussi derrière cet avis. Avec une nuance de taille : «Homme ou femme et quand ça gagne, il y a un moment où l’on pense que ça ne va jamais s’arrêter et l’on perd une partie de ses références».
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