Des couples…mais pas de vie commune
Le 07-05-2010 dans Vie au quotidien
Près de quatre millions de Français ne vivent pas leur idylle amoureuse sous le même toit. Une situation subie, dans la majorité des cas.
«Living Apart Together» : ensemble, mais pas sous le même toit. En France comme ailleurs, la pratique se développe sous le nom de CNC, Couple Non Cohabitant. L’Institut national d’études démographiques (INED) en fait état dans son rapport, «Portrait de familles», publié le 15 janvier dernier : «Sociologues et démographes s’intéressent à une autre forme d’union qui semble se développer en Europe, celle des couples qui gardent deux domiciles distincts, quitte à en partager un préférentiellement». Près de 8 % des 18 à 79 ans, soit 3,8 millions de Français, partagent leurs vies mais pas leurs domiciles. Dans le détail, les chercheurs distinguent quatre catégories de CNC. La période post-adolescence tout d’abord, lorsque les enfants vivent toujours chez leurs parents. Puis celle des séniors au terme d’un «épisode de veuvage» ou d’un «départ en institution du conjoint». D’autres personnes viennent grossir les rangs, souvent d’âges intermédiaires, célibataires et sans enfants. Reste enfin les «monoparentaux», le plus souvent «des femmes ayant la garde de leurs enfants après une séparation ou un divorce», explique le rapport de l’INED.
Pour 60% des couples, faire chambre à part n’est pas un choix mais une obligation liée à la vie professionnelle. D’autant que, selon l’étude, les femmes renoncent de moins en moins à un emploi pour suivre leur conjoint. Plus de ruptures conjugales, d’avantage de couples de plus en plus tard et affirmation de valeurs individualistes : autant d’autres facteurs qui incitent les auteurs de l’étude à prévoir que la tendance à vivre une relation séparément pourrait bien s’accentuer.
Toutefois, la présence d’enfants au sein du couple incite, au nom de sa stabilité, à partager le même foyer et la naissance apparaît même comme un déclencheur de vie en commun. Mais surtout, les contraintes économiques pèsent sur ce choix qui oblige à multiplier les charges liées au logement.
Pour ceux qui le choisissent en revanche, ce mode de fonctionnement offre les avantages de l’indépendance sans subir les inconvénients de la vie de couple sous le même toit. «On vit chacun de son côté tout en sachant qu’on peut compter sur l’autre» se réjouit dans les colonnes du Monde une femme divorcée, en couple depuis 20 ans.
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