Du transport de marchandises…à vélo

Le 16-07-2010 dans Actualités, Dernière minute

Une Rosalie. Tout le monde en a vu, sans en connaître le nom…C’est l’un des types de vélos fabriqués par la société Lovelo. Sa gérante, Christine Heuzey vend depuis plusieurs années et avec son mari des tricycles électriques utilitaires, destinés à la livraison. La société recevra cette année le prix coup de cœur de la Banque Populaire et de la Chambre des métiers. A la base de ce succès : une reconversion réussie à coup de formations. A 35 ans, Christine Heuzey en a suivi pas moins de dix-huit à la Chambre des Métiers sur une période de cinq années…

Qu’est ce que Lovelo ?

Avec mon mari, nous nous sommes lancés début 1995 dans la location de cycle sur une base de loisirs, à Saint Quentin-en-Yvelines. Mais les vélos revenaient souvent détériorés, ils n’étaient pas assez costauds pour notre clientèle. Nous avons donc eu l’idée de construire nous même nos voitures à pédales Avec mon mari, électromécanicien, nous avons acheté de l’acier. Lui créait, moi je m’occupais principalement de la peinture ou de la décoration des Rosalie, ces voiturettes à pédales que l’on peut voir sur le bord des plages. Nous avons alors été sollicités par les autres loueurs de cycles, ce qui nous a permis de poursuivre vraiment la fabrication.

Et vous vous êtes retrouvés à la tête d’une entreprise, sans en avoir la formation…

On a commencé notre activité dans une grange, au fond du jardin. Je ne connaissais pas grand-chose à la comptabilité. J’ai donc été contrainte de me former à la Chambre des métiers en suivant tous les stages qui concernaient la gestion l’entreprise : fiches de paie, trésorerie, aspects commerciaux,.. J’étais un peu livrée à moi-même, et il a fallu que je me forme assez rapidement pour savoir parler à mon banquier ou lire un bilan.

Au total, vous avez cumulé dix-huit formations en cinq ans !

Oui, elles m’ont apporté énormément de choses, j’avais tout à apprendre.

En combien de temps avez-vous été rentable ?

La Rosalie étant un petit marché, il nous a fallu pas mal d’années. Les choses ont commencé à aller mieux lorsque nous avons fabriqué des vélos utilitaires, il y a trois ou quatre ans. Les tri-porteurs avec charge à l’avant ne pouvaient pas toujours satisfaire les clients. Nous avons donc eu l’idée de concevoir un vélo qui intègre jusqu’à 180 kg de marchandises à l’arrière : c’est le cargo-cycle.

Vous travaillez donc principalement avec des professionnels ?

Oui ,80% de notre activité se concentre sur les vélos utilitaires dans les grandes villes de France, Toulouse, Marseille ou Lyon, mais aussi en Suisse et bientôt en Espagne. Depuis l’année dernière, nous nous sommes par ailleurs associés avec notre client principal, devenu depuis co-gérant au même titre que moi.

Le fait d’être une femme a-t-il déjà posé problème ?

Le monde du vélo est plutôt masculin, mais je n’ai jamais rencontré aucun problème à ce niveau là. C’est au contraire mieux vu.

Pourquoi ?

J’ai l’impression que les employés préférerent avoir à faire à une femme, peut-être jugée plus accessible qu’un homme. Ils se confient davantage à moi qu’à mon mari pour évoquer divers problèmes…

Un mot enfin sur vos prix. Votre activité n’est pas passé inaperçue cette année

Nous avons, ou nous sommes sur le point de recevoir trois récompenses. Tout d’abord le Prix «coup de cœur» et innovation de la Chambre des métiers de la Région Centre. Puis au niveau national, un prix «coup de cœur» également, discerné sous les hospices de la Banque Populaire et de la Chambre des métiers le 8 décembre prochain à Paris. Deux institutions qui nous récompensent enfin par le Prix du développement durable, grâce à nos vélos conçus avec une assistance électrique non polluante. Nous avons été un peu surpris par toute cette attention, mais en même temps avec nos vélos, nous sommes un peu dans l’ère du temps.

rosalie 150x150 Du transport de marchandises…à vélo

Une Rosalie. (DR)

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