En Belgique, l’entreprenariat féminin peine à exister

Le 14-06-2010 dans Actualités, Europe

Hommes et femmes confondus, la population belge a encore bien du mal à entreprendre. Selon les derniers chiffres officiels, le pourcentage d’entrepreneurs dans le plat pays ne dépasse pas les 2,8 %.  Et parmi eux, les femmes sont encore très largement sous-représentées. Un problème culturel selon Céline Delhoye, l’une des responsables du réseau Diane (Développement et Intégration par l’Arrivée des Nouvelles Entrepreneures ) mais aussi « de manque de confiance » de la part de certaines femmes qui  n’osent pas plonger dans les eaux, parfois tumultueuses, de la création d’entreprise.

diane reseau En Belgique, l’entreprenariat féminin peine à exister« Les choses évoluent mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il y a toujours des stéréotypes à soulever et puis, n’oublions pas, qu’entrepreneurs ou pas, les femmes ne sont pas encore l’égal des hommes. ». Evoluant au cœur d’un réseau fondé il y a maintenant 5 ans, en partenariat avec l’UCM (Mouvement de défense, de représentation et de protection des indépendants), Céline conseille et oriente chaque année des dizaines de Belges, désireuses de monter leur société.

Comme en France, la majorité d’entre elles sautent le pas avant tout par passion. Passionnées mais aussi prudentes, ces femmes entreprennent souvent sur le tas, après avoir validé leurs acquis et leur savoir-faire. « Le plus fréquemment, elles souhaitent lancer une activité de détail dans le commerce, les services, les cosmétiques… Elles peuvent embaucher mais cela ne dépassera pas les un ou deux salariés. C’est vrai que, même si l’on ne peut pas généraliser, ces choix d’activités entrepreneuriales ne permettent pas d’arriver à de grosses structures. »

Co-financé par le Fond social européen, le réseau DIANE joue la carte de la qualité. Ici, pas question de mettre en place des statistiques et des procédures figées. Chaque accueil est personnalisé selon les besoins et les attentes des femmes. « Nous proposons des formations, des conseils techniques, des rencontres ludiques. Nous avons aussi un service de prêt accompagnement. », précise Céline, qui remarque que, le plus souvent, les femmes belges ne sont pas du tout au courant des nouvelles mesures visant à booster l’entreprenariat féminin. « Il y a pourtant eu des avancées ces dernières années, notamment avec l’augmentation de l’allocation  maternité et d’autres lois qui visent à mieux protéger les femmes entrepreneurs. »

En parallèle de ces « petites avancées », la Belgique a mis en place il y a quelques semaines un nouveau statut d’entreprise : la SPRL Starter. Salué par l’UCM, qui le considère comme un tremplin pour les entrepreneurs en herbe, ce nouveau statut permet de créer une société avec un capital social d’un euro. Nous sommes tout de même encore bien loin de l’auto-entreprenariat à la française. En effet, même sous ce statut, les créateurs d’entreprises n’échappent pas à un contrôle rigoureux de l’administration. La loi prévoit par exemple qu’un plan financier soit établi avec un comptable ou un réviseur d’entreprises. « Ce nouveau statut ne semble pas avoir eu d’impact sur le nombre d’entrepreneuses en Belgique. », conclut Céline Delhoye.

Pour le moment, outre ses problèmes politiques, la Belgique s’alarme surtout du nombre grandissant d’indépendants n’ayant pas régler leurs cotisations en 2009. Selon l’UCM, près d’un indépendant sur six n’arriverait plus à payer ses cotisations. Une bien mauvaise nouvelle qui risque de freiner les belges dans leurs velléités entrepreneuriales…

Pour en savoir plus sur l’entreprenariat des femmes en Belgique : www.reseaudiane.com

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