Guilhène Maratier-Declety : «Les entrepreneuses françaises doivent parler plusieurs langues »
Le 22-04-2010 dans Conseil de pilotage
Guilhène Maratier-Declety a réalisé en 10 ans un tour de force incroyable : donner à la langue française une véritable visibilité dans le monde des affaires. Connue pour avoir notamment mis en place en 1998, le 1er test d’évaluation de français, l’équivalent du fameux Toeffel, Guilhène est une femme à l’énergie débordante. Aujourd’hui directrice au service enseignement de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, elle porte un regard pragmatique sur son parcours professionnel. « J’ai eu la chance d’avoir des patrons formidables qui m’ont toujours fait confiance ». Pour cette européenne convaincue qui avoue n’avoir jamais eu de stratégie de carrière, la clé du succès réside dans la ténacité, l’éthique et dans le fait de saisir le maximum d’opportunités. « Je savais aussi ce qui m’attirait. Jamais je n’aurais été capable de vendre de la lessive ! J’ai besoin d’une dimension sociétale dans mon travail. »
Qui ? Guilhène Maratier-Declety
Fonction ? Directrice des relations internationales de l’enseignement à la Chambre de Commerce et d’Industrie
Où ? Paris
Type : L’énergique
Une vie d’expat
Un diplôme de sciences politique, une maîtrise de droit et un doctorat en relation pro et RH en poche, Guilhène Maratier-Declety intègre rapidement la CCI de Paris en tant que directeur d’étude. Elle découvrira ensuite la difficile mais excitante réalité d’épouse d’expat. Le Vénezuela, la Norvège et enfin les Etats-Unis : 12 années de vie à l’étranger où elle aiguisera son aisance professionnelle sur le plan international. « Ces années ont vraiment été positives. D’une part, parce qu’elles m’ont permises de faire des enfants et de leur consacrer du temps, et d’autre part, parce que j’ai dû réellement oser et multiplier les contacts. Vous savez, vivre à l’étranger c’est autre chose que de voyager. Vous n’avez aucun amis, aucune référence, vos diplômes ne valent plus rien. Mais je voulais continuer à travailler. » L’idée de la femme d’expatrié attendant son mari à la maison lui était inimaginable. Et c’est sans aucun doute cette aventure à l’étranger qui lui a donné ce goût si prononcé pour l’international et les voyages. Une passion transmise d’ailleurs à ses deux enfants qui vivent aujourd’hui à Hong Kong et à Londres.
Promouvoir la langue française
Son mari redevenu « travailleur sédentaire », elle s’implique de nouveau à la CCI, après un passage réussi en tant que directrice de développement à l’Ecole supérieur de Commerce de Paris (ESCP Europe). Cette femme de tête, « qui a toujours eu le désir de changer les choses », se bat depuis pour la promotion de la langue française à travers le monde. « Nous étions récemment présents à Expolang, le plus grand salon mondial des langues… Notre stand, en comparaison avec celui de la Chine, était bien petit ! Il est évident que nous devons être unis avec les autres pays européens. » Encourageant les entrepreneuses françaises à parler l’anglais mais aussi l’allemand ou l’espagnol, Guilhène Maratier-Declety est soucieuse de voir se développer la place des femmes dans l’univers de l’entreprise. « Je constate tout de même des évolutions. Les quadras d’aujourd’hui réussissent plus vite. Elles se mettent moins de barrières. » Mais son bilan reste tout de même amer : en matière de culture d’entreprendre, la France a des années de retard, notamment sur les Etats-Unis. « Les américaines sont des business women dans l’âme. Elles ont toujours leur agenda sous le bras. » Innovation, inventivité, leadership, confiance en ses propres capacités… Pour Guilhène, l’art d’entreprendre passe par tout cela mais aussi et surtout par son verbe fétiche : « O-S-E-Z ! ».
QUESTIONS EXPRESS / RÉPONSES EXPRESS
Vos motivations ? Mes parents
Êtes-vous une pro-européenne ? Oui
Vos qualités ? Energie, volonté, persévérance et rigueur
Vos défauts ? Autoritaire, impatiente, susceptible
Votre plus grand bonheur en 2010 ? Ma vie professionnelle et la réussite de mes enfants
Ce que vous détestez le plus chez les gens ? Le manque de courage
Ce que vous aimez le plus chez les gens ? L’empathie
Votre auteur préféré ? Balzac et la littérature russe en général
Votre journal préféré ? Le Monde, l’Express et parfois les Echos
Votre site internet préféré ? Je n’ai pas beaucoup le temps de surfer
Êtes-vous réseau ? Oui mais il découle beaucoup de mon activité professionnelle
Votre conseil aux femmes entrepreneuses ? Ne pensez pas aux écueils, foncez, ne regardez que le positif et soyez sûre de votre idée. Une bonne idée trouve toujours un financement !
Un mot pour Wimadame ? Beaucoup de succès et, je l’espère, beaucoup de futures inscrites.

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