Jeanne Bordeau : « Le prix de la liberté, c’est la discipline »
Le 19-03-2010 dans Conseil de pilotage
Exit les stéréotypes d’exécutive woman, prête à tout pour décrocher le contrat du siècle. Du haut de ses 56 printemps, Jeanne Bordeau n’a jamais perçu le monde de l’entreprenariat comme une machine à fric. Et si cela doit, comme elle le dit, « la faire passer, parfois, à côté de marges intéressantes », peu importe. L’essentiel est ailleurs. « Dans l’humain, la qualité du travail et des relations, la solidarité ! Ce qui me plaît avant tout c’est faire monter des gens dans un même bateau » Forte d’un diplôme de lettres obtenu aux Etats-Unis, cette spécialiste des mots dirige depuis près de 20 ans son propre bureau de style en langage ainsi qu’une agence de communication. Une réussite et une stabilité remarquable dans un milieu où la concurrence est redoutable. Son créneau ? Relier le monde économique au monde de la culture.
Qui ? jeanne Bordeau
Quoi ? DG Press’publica et L’Institut de la qualité d’expression
Spécialité : la communication
Où: Paris
Type : L’entrepreneure sociale
Un parcours éclectique
Critique littéraire au Figaro, puis lobbyiste, directrice com d’un Think Tank et même, dirigeante d’une maison d’édition, Jeanne Bordeau jouit d’un début de carrière prometteur. Mais cette fille de chefs d’entreprise a le goût du risque dans les tripes. Un trait de caractère développé par ses parents et sa « vie » américaine. « Ma mère me racontait que, déjà, à 6 ans, j’aimais prendre en charge, protéger, aider. » confie Jeanne. Aujourd’hui à la tête d’un pool de 7 personnes, elle n’échangerait pour rien au monde sa vie d’entrepreneuse. Une vraie liberté qui demande « une vraie discipline » mais qui lui permet de s’épanouir pleinement dans son activité professionnelle. « C’est vrai que quand j’étais enceinte, je me suis arrêtée la veille de ma césarienne pour reprendre quelques jours plus tard. Mais j’ai aussi eu la chance de pouvoir m’occuper de mon époux quand il était très malade. » Les doutes ? La créatrice ne s’en cache pas, elle en est bombardée tous les jours. «Mais le plus important reste d’avoir le sens des autres, d’être en cohérence avec soi-même et surtout de savoir où l’on va ! ».
Le goût de l’Europe
Sous sa casquette d’experte en langage, Jeanne Bordeau est avant tout une véritable globe trotteuse, un brin artiste et même sportive, parlant l’anglais, l’italien et l’espagnol. Pas un mois ne se passe sans qu’elle s’envole vers une capitale européenne. Une passion dont elle fait profiter son ado de fils, Jules. « L’Europe ? C’est mon grand village ! ». Cette ouverture d’esprit lui permet de poser un regard lucide sur la France d’aujourd’hui. « Nous vivons dans un pays manichéen. Les jeunes sont mal orientés, trop vite mis dans des cases. Combien de fois ai-je entendu à l’école que j’étais nulle en maths, que je ne serai jamais chef d’entreprise… On ne rassure pas. On ne prête pas assez attention au caractère… ». Elle reconnaît tout de même des évolutions positives en matière d’entreprenariat féminin : une grande liberté de choix, des hommes plus impliqués dans leurs responsabilités familiales… « En revanche, il y a deux clichés que je ne supporte pas : celui de la femme qui doit séduire pour réussir et les amalgames faits entre fragilité et sensibilité qui touchent beaucoup les femmes. » A bon entendeur…
QUESTIONS EXPRESS / RÉPONSES EXPRESS
Vos motivations ? La liberté !
Vos qualités ? Enthousiaste, l’amour d’apprendre
Vos défauts ? Susceptible et intransigeante
Votre plus grand bonheur en 2010 ? Ma liberté de choix
Ce que vous détestez le plus chez les gens ? La faiblesse
Ce que vous aimez le plus chez les gens ? Le courage, l’audace, la contradiction et la cohérence
Votre auteur préféré ? Balzac, Hugo. En ce moment, je lis « Les pages » de Murray Bail
Votre journal préféré ? Tous ! C’est essentiel pour mon travail
Votre site internet préféré ? Les sites de marque de luxe, pour rêver…
Êtes-vous réseau ? Oui. J’adore présenter les gens, créer des contacts. Mais je ne suis pas encore très active dans les réseaux virtuels.
Votre conseil aux femmes entrepreneures ? Ayez une certitude intérieure. Il faut que vous sentiez votre fibre, votre spécificité.
Un mot pour Wimadame ? J’espère que le site sera rempli d’échange et de spontanéité !
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