Katie Breen : «Les femmes doivent avoir un sas entre leur vie pro et leur vie privée »

Le 22-04-2010 dans Conseil de pilotage

Devinez quelle est la plus grande force de Katie Breen… Son réseau ? Non. Son entreprise ? Non. Ses diplômes ? Non, encore raté. Il s’agit de son tempérament singulier. Composé d’une bonne dose d’ouverture d’esprit et d’une pincée de créativité, il lui permet aujourd’hui d’afficher un parcours sans faute. Cette journaliste bilingue, qui a exercé plus de 25 ans au sein du magazine Marie-Claire,  est, depuis 5 ans, à la tête de sa propre agence de création en contenu et en conseil éditorial. Un choix de vie assumé dont elle savoure l’autonomie et la totale liberté de choix. « J’étais loin d’être une experte en entreprenariat, c’était plus un état d’esprit, une évidence. Ma décision a surpris beaucoup de monde d’ailleurs. », raconte Katie, en souriant.

Qui ? Katie Breen
Situation ? Mariée, 3 enfants
Fonction ? Fondatrice de l’agence Coverlines, rédaction et conseil éditorial
Où ? Paris
Type : La salariée devenue entrepreneuse

De la finance au journalisme

La vie professionnelle de Katie est à son image : carrée mais surtout pas rectiligne. Cette petite-fille de chef d’entreprise (du côté paternel), qui a étudié l’économie et les sciences politiques à Genève, débute sa carrière comme analyste financière avant de décrocher une bourse en tant que chercheur en histoire. « J’ai divisé mon salaire par 5 mais j’ai beaucoup appris, notamment à questionner, à fouiller. » A la fin de sa thèse, sa condition de femme l’a rattrapée. « A l’époque, on laissait bien volontiers les femmes étudier. Mais dès qu’il s’agissait de travailler, le discours était bien différent. C’est ainsi qu’au moment où j’ai demandé un poste de chercheur, l’on m’a rétorqué : « Mais Katie, vous êtes mère de famille ! Vous avez un enfant ! ». Ce fut, pour elle, une énorme claque.

Une vie internationale

Qu’à cela ne tienne, sans réseau, ni CV sur-mesure, la jeune femme décide alors de devenir journaliste. Cette « tête chercheuse » décroche rapidement des premières piges au Monde et à Ouest France. Ses sujets de prédilection ? Les problématiques liées aux femmes. « J’ai tout appris sur le tas.  Je me souviens d’un de mes premiers articles, dont le sujet était une nouvelle technique pour ouvrir les boites de conserve, j’ai bien dû le réécrire 4 fois ! ». Après avoir vécu 3 ans aux Etats-Unis avec son américain de mari, Katie n’a pas peur de prendre des risques. Sans attendre que les choses tombent du ciel, elle pousse la porte du magazine Marie Claire, où elle travaillera en tant de reporter puis, plus tard, au pôle développement des publications étrangères.

L’amour des langues

Soutenue et encouragée par son époux, elle voyagera partout, en Afrique, en Europe, en Asie, au Moyen-Orient. Katie n’hésite pas à affirmer que sa connaissance de l’anglais a été un véritable atout dans sa carrière. « J’ai vécu à Genève, j’ai une demi-sœur italienne, un beau-frère anglais… Je suis une européenne par nature et par conviction. Et le fait de parler couramment l’anglais m’a permis de saisir d’avantage d’opportunités. » Cette artiste des mots me souffle un dernier conseil à l’attention des lectrices de Wimadame : « Pas la peine de parler quatre langues si vous ne les parlez pas correctement. Concentrez-vous plutôt sur une seule et apprenez-la à fond ! »

QUESTIONS / RÉPONSES EXPRESS

Êtes-vous une pro-européenne ? Oui
Vos qualités ? Ouverture d’esprit, originalité, écoute
Vos défauts ? Trop éparpillée, timide
Votre plus grand bonheur en 2010 ? Mon parcours, mon indépendance, ma liberté de choix
Ce que vous détestez le plus chez les gens ? Le fait qu’ils ne se tiennent pas à ce qu’ils ont dit.
Ce que vous aimez le plus chez les gens ? L’échange, le fait de pouvoir travailler en groupe sans sentiment de compétition
Votre auteur préféré ? J’aime la littérature anglo-saxonne avec des auteurs comme Douglas Kennedy, Ann Tyler, Ian McEwan
Votre journal préféré ? Je lis régulièrement Libération, le Herald Tribune, Le Monde
Votre site internet préféré ? Je surfe surtout pour mon travail ! Je dirai le Figaro.fr et le site du Guardian dont la rubrique « Media » est très bien faite.
Êtes-vous réseau ? Oui ! Réel et virtuel.
Votre conseil aux femmes entrepreneuses ? Ayez un sas de décompression entre votre vie pro et votre vie familiale. Cela peut-être un dîner entre copines, un cours de sport…  C’est très important aussi d’avoir un équilibre entre ses qualités masculines et féminines. Et n’oubliez jamais qu’une femme a trois vies: sa vie pro, sa vie perso et sa vie familiale.
Un mot pour Wimadame ? Je trouve formidable que, grâce à Wimadame, des jeunes Françaises soient encouragées à l’innovation et à la prise de risques, car trop souvent dans notre pays, les gens se trouvent dans des situations bloquées, ou des culs de sac.

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