Les femmes face à l’embauche

Le 19-04-2010 dans Vie au quotidien

Adecco a rendu publique mi-mars un «auto-testing» mesurant la discrimination à l’embauche. Concernant les femmes, les résultats sont contrastés.
Dites «auto-testing». Ou plutôt, «testing sollicité». La technique est simple, il s’agit d’une entreprise qui, de sa propre initiative, sollicite un prestataire extérieur pour évaluer ses critères de recrutement. Et traquer, le cas échéant, toute trace de discrimination. Adecco s’y est mis récemment, après Casino en 2007 et plus tard LVMH. Ils se sont attachés les services de l’opérateur externe ISM-Corom. Age, origine «ethnique», sexe : les principales variables sont passées au crible avec une rigueur toute particulière et selon une procédure validée par le Bureau International du travail (BIT). Car lors d’une précédente tentative, réalisée par les services d’Adecco eux-mêmes, les candidats-comédiens avaient été repérés. «Les gens pouvaient anticiper et s’attendre à un test de cette nature», explique ainsi Eric Cediez, responsable du bureau d’étude d’ISM Corom, contacté par Wimadame.com. entretien embauche 212x300 Les femmes face à l’embauche«Pour y faire face, nous avons donc pris un luxe de précautions en élaborant de faux profils qui correspondent précisément au volume et au traitement habituel des offres d’emploi chez Adecco». Mais aussi en échelonnant l’enquête sur deux ans. La série de tests, entamée en février 2008, a consisté à faire postuler à un même emploi deux candidats factices, au profil professionnel identique, mais se distinguant sur un point (âge, sexe ou origine). Au total, 854 CV ont été envoyés pour des postes de commerciaux, de serveurs, d’infirmiers ou encore de comptables.

Certains employeurs anticipent les effets de la grossesse

Avec un résultat à double détente. Sur les 120 tests exploitables concernant le critère du sexe, la moitié manifeste une stricte égalité de traitement, un quart favorise l’homme, le dernier quart favorisant la femme. Le tout s’équilibre donc. Ce qui permet aux responsables de l’étude d’affirmer que de manière générale, aucun écart significatif n’a été enregistré entre les candidatures masculines et féminines. Hommes ou femmes, les statistiques témoignent du «bon respect de l’égalité : une bonne nouvelle», se réjouit Bruce Roch, responsable diversité d’Adecco. Mais il tempère : «Il subsiste des familles d’emplois plus féminines que d’autres. Les stéréotypes ont la vie dure». Ce qui explique la forte proportion de femmes constatée parmi les infirmières ou en Ressources Humaines. François Davy, directeur France d’Adecco, dénonce lui aussi des clichés «tenaces car les hommes sont privilégiés pour les professions estampillées comme «masculines», l’inverse se vérifiant aussi».
Autre tendance : à compétences égales, certains employeurs privilégient les femmes âgées de 45 ans, avec 34% de candidatures sélectionnées, au détriment de leurs cadettes de 25, qui n’ont été retenues que dans 17% des cas. Soit deux fois moins. «Probablement par anticipation des effets de la grossesse des jeunes femmes sur leur carrière», explique François Davy à 20minutes.fr.

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