Lutter pour l’égalité homme-femme à l’échelle européenne
Le 19-04-2010 dans Europe
José Luis Zapatero, chef du gouvernement espagnol, entend intégrer la question des discriminations homme-femme dans la future stratégie économique de l’Union européenne.
L’égalité homme-femme ? Une question «indissociable des autres objectifs du millénaire» selon José Luis Zapatero. Le chef du gouvernement espagnol porte le regard très loin…et entend intégrer ce thème à la «stratégie UE 2020», le vaste plan destiné à définir les contours de la future politique économique de l’Union européenne. Fin mars à Valence, à l’occasion de la cinquième rencontre «Espagne-Afrique Femmes pour un monde meilleur», il a mentionné deux objectifs : «réduire au maximum» les différences de salaires entre hommes et femmes et augmenter leur taux d’emploi «jusqu’à atteindre en Europe 70% en 2020».
La «stratégie UE 2020» devrait être adoptée d’ici à l’été selon M. Zapatero. Elle doit succéder à celle dite «de Lisbonne», formulée en 2000, dont les ambitions ont été contrariées par l’absence d’éléments contraignants. Anne Marie Rocco, journaliste au journal Challenge, salue ainsi les nouvelles annonces mais doute de leurs «efficacités» compte tenu des échecs de Lisbonne.
«La pauvreté dans le monde continue d’avoir un visage féminin»
Le chef du gouvernement espagnol s’était déjà engagé sur ce terrain de l’égalité dans son pays en formant un gouvernement qui respecte une exacte parité, et en faisant voter une loi pour l’égalité entre hommes et femmes. En janvier dernier, il avait promis devant le parlement européen de faire progresser l’Union dans ce domaine, au premier semestre 2009, période durant laquelle son pays exerce la présidence tournante. José Luis Zapatero a donc profité de la rencontre «Espagne-Afrique» pour exposer ses objectifs européens. A l’occasion du discours de clôture, il s’est également inquiété du sort des femmes à travers le monde : «Il n’est pas non plus tolérable que sur 920 millions de personnes analphabètes, 600 soient des femmes». La ministre de l’Egalité, Bibiana Ajdo, prit aussi la parole. «La pauvreté dans le monde continue d’avoir un visage féminin. Nous savons bien que les femmes continuent d’occuper des emplois de qualité inférieure», a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle souhaitait introduire la question de l’égalité dans tous les programmes d’aide au développement.
Plus de 500 personnalités
A ces mesures de type économique, la présidence espagnole souhaite promouvoir une action sur le plan culturel en s’attaquant aux violences faites aux femmes. «Des pratiques comme la mutilation ou le mariage forcé très jeune doivent être non seulement interdites officiellement mais également supprimées du patrimoine traditionnel de beaucoup de peuples. Et ceci à travers l’éducation», a poursuivi la ministre Bibiana Ajdo face une salle comble, investie par une majorité de femmes venues de tous horizons. Plus de 500 personnalités au total, et quelques invités de marques comme Michèle Bachelet, ex-première femme présidente du Chili, qui réapparaissait pour la première fois hors de son pays depuis le violent tremblement de terre du 27 février dernier. Hillary Clinton a de son côté fait une apparition «numérique». Dans un message vidéo, la chef de la diplomatie américaine a souligné que l’égalité homme-femme en matière «d’éducation, santé, emploi et politique» était la clé du «progrès social et économique» de la planète.
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