Que nous révèle La commission Européenne?

Le 29-05-2011 dans Actualités, Europe

La guerre des genres en Allemagne?

Dans le domaine de l’égalité des sexes, les progrès sont évalués tous les ans. Il apparaît ainsi que le taux d’emploi des femmes est inférieur à celui des hommes alors que sur les bancs des universités elles sont les plus nombreuses, ou alors que la répartition des tâches au sein des couples peine à évoluer. Et pour cause, jongler entre les obligations familiales et professionnelles est des plus difficiles. Surtout dans les pays qui, comme l’Allemagne, offrent peu de structures d’accueil pour les enfants en bas-âges. Ainsi, les mères de famille sont souvent amenées à interrompre leur activité professionnelle ou à se mettre à mi-temps. 68,9% des femmes contre 92% des hommes avec enfants travaillent. Mais parmi elles, il faut aussi compter celles qui ont recours au temps partiel. En Europe, 1/3 des femmes sont concernées par le temps-partiel contre 8% des hommes. Ces écarts de salaires ne posent pas de problème uniquement dans la vie professionnelle, mais se font aussi ressentir plus tard, à l’heure de la retraite. En raison du peu d’aménagements permettant aux allemandes de concilier famille et travail, beaucoup de jeunes actives délaissent les couffins pour ne se concentrer que sur leur carrière. Résultat : le taux de fécondité de l’Allemagne est en chute libre. En effet, comme l’a souligné Viviane Reding, « de telles inégalités peuvent avoir des conséquences néfastes à long terme ».

Comme l’a souligné le Tageszeitung(TAZ) dans un long dossier daté du 8 mars, une guerre des genres semble se jouer dans la presse allemande. Dès 2007, le Spiegel avait dans son collimateur le féminisme. Il est très vite suivi par le Frankfurter Allgemein Zeitung qui fustige la logique du « lobbysme féministe » qui consiste à placer des femmes à des postes clés pour inverser le modèle actuel. Mais la critique la plus sévère du TAZ s’adresse au magazine d’informations Focus qui, par ses titres, entretiendrait une « guerre des genres ». En ligne, les blogs antiféministes fleurissent à l’image du blog Genderama. Et les propos sont parfois extrêmes. Régulièrement, sur ces pages on peut lire de ferventes critiques des lois en faveur des femmes. Pour certains bloggeurs, il conviendrait de supprimer toutes ces lois sur l’égalité des chances. jeune femme ordinateur pe0008700 300x217 Que nous révèle La commission Européenne?

 

Bien sûr que depuis les premières manifestations pour la libération de la femme il y a eu d’importantes avancées. Mais certaines réalités nous font dire qu’il reste encore bien des batailles à mener. Quand on sait qu’en France, tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son compagnon, peut-on dire aux victimes de violences conjugales que le féminisme n’existe plus ?

 

 

Les grands groupes allemands ne sont pas pressés de voir les femmes affluer dans leurs instances dirigeantes. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par le quotidien berlinois Berliner Zeitung auprès des entreprises du Dax (équivalent du CAC 40 en France) : 21 des 30 établissements qui ont accepté de répondre se déclarent hostiles à l’introduction de quotas en faveur des femmes. Actuellement, la proportion de femmes dans les hautes sphères des entreprises du Dax s’élève en moyenne à 17,6 %, tandis qu’elles constituent environ 31,5 % des effectifs. C’est la compagnie aérienne Lufthansa qui ouvre le plus grand ses portes aux femmes à responsabilité, suivie en numéro deux par le groupe d’assurances Allianz.

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