Bonjour à vous, la tribu qui entreprend, vous créez, transmettez et parfois doutez, n’oubliez jamais la force de ce que vous construisez pour vos enfants et votre famille.
Nos enfants sont-ils encore heureux d’apprendre ?
6 octobre 2026, à Paris, en France ou ailleurs, des enfants en colère, des élèves qui décrochent en grand nombre, des parents désemparés, des professeurs parfois épuisés. Que se passe-t-il dans nos écoles, nos collèges, nos lycées, enfin à la maison ?
L’école est-elle encore cette promesse d’avenir, ce chemin qui mène du savoir à l’autonomie, du diplôme au travail, de l’effort à la liberté ?
Aujourd’hui, l’autorité des adultes est parfois contestée, les familles fragilisées, notamment monoparentales, peinent à tout assumer, et les enseignants ne disposent pas toujours des moyens ou de la formation nécessaires pour répondre aux défis de leur métier.
Qu’est devenue la passion d’éduquer transmettre, et enseigner ?
Bien sûr, tous les élèves ne décrochent pas et tous les établissements ne rencontrent pas les mêmes difficultés, mais une question mérite d’être posée : avons-nous perdu le goût d’apprendre ?
À l’heure d’internet, des écrans et de l’intelligence artificielle, peut-on encore enseigner comme hier à des enfants qui vivent déjà dans le monde de demain ?
Apprendre ne devrait jamais être une punition. Le français, les mathématiques, l’histoire ou les sciences peuvent devenir des découvertes, des jeux, des défis, des aventures. Encore faut-il trouver les bonnes méthodes pour capter l’attention, éveiller la curiosité et redonner confiance.
L’école ne peut pas tout. Les parents ont leur rôle, les enseignants le leur, et la société doit aussi se demander quelle place elle accorde à la connaissance, à l’effort et au respect de l’autorité.
Car derrière chaque élève se trouve un futur adulte, un citoyen, peut-être un entrepreneur. Comment construire demain si nous ne donnons plus à nos enfants l’envie de comprendre, de créer et d’oser ?
Faut-il réinventer la façon d’apprendre ? Sans doute faut-il, au moins, avoir le courage de l’imaginer.
Cette semaine, wimadame souhaite vous faire découvrir MyClass, une méthode qui propose d’apprendre le français en s’amusant. Une autre manière d’aborder les apprentissages, de réveiller la curiosité et de réconcilier les enfants avec le plaisir d’apprendre.
Parce que l’avenir de nos enfants ne se joue pas seulement dans les diplômes qu’ils obtiendront, mais aussi dans l’envie qu’ils auront de continuer à apprendre tout au long de leur vie.
Et si le premier défi de l’école était tout simplement de redonner aux enfants l’envie d’apprendre ?
Avant les réponses de Philippe Denain, il nous confie « J’ai créé MyClass avec une conviction simple : chaque enfant peut réussir lorsqu’on lui donne envie d’apprendre. Mon ambition était d’imaginer une nouvelle façon d’enseigner, plus vivante, plus ludique et plus proche de leur univers, pour éveiller leur curiosité, leur donner confiance et faire de l’apprentissage un plaisir. »
Enseigner le français, MyClass a aussi été pensé pour les parents : pour les accompagner au quotidien, simplifier le moment des devoirs à la maison et permettre aux enfants de devenir progressivement plus autonomes dans leur apprentissage. »
Rendez-vous MY CLASS : https://myclass.mc/mcft/
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Belle semaine à vous
Martine
martine.abbou@wimadame.com
La parole à Philippe Denain
Créateur de Myclass
Merci de vous présenter. Votre entreprise porte votre vision : qui êtes-vous vraiment ?
Je suis avant tout quelqu’un qui aime créer. Partir d’une idée et essayer de la transformer en quelque chose de réel.
Je ne viens pas du monde de l’enseignement. MyClass est né de mon expérience de père et de mon envie d’aider mon fils Alexandre à apprendre autrement. Au fil du temps, cette idée est devenue un véritable projet : utiliser les codes que les enfants aiment – le dessin animé, les personnages, l’humour et l’image – pour leur donner envie d’apprendre, tout en aidant les parents à les accompagner.
Au fond, MyClass me ressemble : imaginer, créer, aller jusqu’au bout et, si possible, laisser quelque chose d’utile derrière soi.
Quel a été le déclic qui vous a donné envie d’entreprendre ? Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Le déclic est une histoire vraie.
Je venais d’un rendez-vous avec le professeur de mon fils. Elle m’expliquait qu’Alexandre ne se concentrait pas suffisamment, ne maîtrisait pas les fondamentaux de la grammaire et que son passage en sixième avait été refusé.
Le soir même, nous dînions et Alexandre regardait un dessin animé. Son assiette refroidissait. Je lui dis : « Alexandre, mange, ça va être froid. » Aucune réaction. Il était tellement concentré que j’ai dû le toucher pour qu’il m’entende.
Il me répond alors : « Papa, regarde ! J’adore ce dessin animé, je l’ai déjà vu ! » Et il commence à me raconter l’épisode presque dans les moindres détails.
Quelques heures auparavant, on m’expliquait que mon fils avait du mal à se concentrer et à mémoriser ses leçons. Devant son dessin animé, il était totalement captivé et avait tout retenu.
C’est à cet instant précis que MyClass est né.
Je me suis demandé : et si une leçon de grammaire pouvait captiver un enfant comme son dessin animé préféré ?
Il y avait aussi l’aide aux devoirs. Comme beaucoup de parents, je me suis aperçu que nous avions oublié une partie de ce que nous avions appris à l’école. J’ai donc voulu créer une passerelle entre l’école et la maison, utile à l’enfant comme aux parents.
MyClass n’a pas vocation à remplacer l’enseignant, bien au contraire, mais à prolonger son travail avec une autre porte d’entrée vers l’apprentissage.
Et tout est parti, finalement, d’une assiette qui refroidissait devant un dessin animé.
Malgré vos doutes et vos peurs, quelle qualité vous a permis d’avancer ?
La création. J’adore avoir une idée et essayer de la rendre réelle.
Il y aura peut-être une réussite au bout, peut-être pas. Mais lorsqu’on croit profondément à quelque chose, il faut essayer d’aller jusqu’au bout.
J’ai aussi eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes qui m’ont aidé. Une bonne idée ne suffit pas : il faut savoir s’entourer, convaincre et créer des relations de confiance.
J’aime entreprendre et créer, avec l’espoir qu’un jour, en regardant derrière moi, j’aurai laissé quelque chose en souvenir de mon passage.
Votre rêve le plus fou ?
Si MyClass réussit, j’aimerais qu’une partie de cette réussite permette de créer des écoles MyClass dans des pays défavorisés, pour donner à davantage d’enfants accès à l’éducation.
Mais j’aimerais également que nous aidions les enfants à découvrir beaucoup plus tôt ce qu’ils aiment vraiment.
Quand on leur demande ce qu’ils veulent faire plus tard, ils répondent souvent pilote, infirmière, vétérinaire, pompier, policier… Ce sont les métiers qu’ils connaissent et dont ils ont une belle image.
Mais on ne peut pas rêver d’un métier dont on ignore l’existence.
Il faudrait leur faire découvrir et, autant que possible, expérimenter des centaines de métiers pour voir ce qui provoque cette petite étincelle.
Avec le recul, j’aurais adoré évoluer dans l’architecture, le design et les métiers de la création, avec cette recherche du beau, de l’harmonie et du détail. Mais enfant, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de découvrir cet univers.
Parfois, une vocation existe déjà chez un enfant, mais personne ne lui a encore donné l’occasion de la rencontrer.
Il ne s’agit pas de décider de son avenir à sa place, mais de lui ouvrir toutes les portes pour qu’un jour il puisse choisir la sienne.
Votre coup de cœur ?
L’une de mes dernières compositions musicales.
Je suis totalement autodidacte : je ne lis pas la musique. Je compose à l’oreille, à l’instinct et à l’émotion.
Cette mélodie a été proposée à Andrea Bocelli, qui l’a beaucoup aimée. Je suis toujours dans l’attente, alors je continue simplement à rêver…
L’entendre un jour interprétée par lui, accompagnée d’un grand orchestre philharmonique, serait extraordinaire.
Finalement, c’est encore la même histoire : une idée naît dans ma tête et j’essaie de la rendre réelle.
Votre coup de gueule ?
Voir encore aujourd’hui des êtres humains se déchirer et parfois s’entretuer au nom de la religion.
Nous pouvons croire et prier différemment. Mais avant d’être juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes ou de ne croire en aucune religion, nous sommes d’abord des êtres humains.
Aucun enfant ne naît en détestant celui qui ne prie pas comme lui.
J’aimerais que nous transmettions davantage aux générations futures ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous sépare. Ce serait déjà un immense progrès.
Vos trois mots préférés ?
Rire. Profiter. Aimer.
Rire, parce qu’il faut savoir décompresser, ne pas toujours se prendre au sérieux et parfois redevenir un enfant. Être avec ses amis, dire des bêtises et rire aux éclats jusqu’à oublier tout le reste, cela fait un bien fou.
Profiter, parce que la vie passe beaucoup trop vite : profiter des moments, de sa famille, de ses amis et des rencontres.
Et aimer. Aimer et être aimé. Parce qu’au bout du compte, c’est probablement ce qui reste le plus important.
Qu’aimeriez-vous faire évoluer dans l’entrepreneuriat ?
Entreprendre est devenu trop compliqué : bureaucratie, réglementation, banques, fiscalité, financement…
Je pense que les gouvernements devraient faciliter beaucoup plus la création d’entreprise, particulièrement pour les jeunes. Et je ne parle pas forcément de leur donner de l’argent.
La première aide serait simplement de ne pas les pénaliser avant même qu’ils aient commencé à gagner leur vie.
Simplifions les démarches et allégeons au maximum charges et fiscalité au démarrage. Donnons-leur le temps d’essayer.
Et acceptons l’échec : il ne devrait pas être une condamnation, mais une expérience.
Quel regard portez-vous sur 2027 ? Quel conseil donneriez-vous à un jeune entrepreneur ?
Je lui dirais : regardez autour de vous et cherchez ce qui manque.
Ne vous demandez pas d’abord : « Qu’est-ce que je pourrais vendre ? », mais plutôt : « De quoi les gens ont-ils besoin qui n’existe pas encore ? Qu’est-ce qui pourrait leur faciliter la vie ? »
Cela peut être une technologie, un service ou un objet extrêmement simple.
Beaucoup de bonnes idées naissent de situations banales. MyClass est né ainsi.
Mon conseil serait donc : ne cherchez pas d’abord une idée. Cherchez un problème qui mérite d’être résolu. L’idée viendra peut-être de là.
Qu’attendez-vous d’un réseau ? Comment le cultivez-vous ?
À 20 ou 21 ans, mon mentor m’a donné une leçon que je n’ai jamais oubliée.
Michael Schumacher commençait à être connu. Il m’a dit : « Imagine que vous ayez exactement la même voiture, que vous fassiez chacun dix tours et que tu sois trois secondes plus rapide. Que va-t-il se passer ? »
Je lui ai répondu : « Ils vont me donner le volant ! »
Il m’a dit : « Non. On te dira que tu es un très bon pilote, mais on gardera Schumacher parce que lui est arrivé avec les sponsors. »
J’ai compris qu’avoir du talent ou une excellente idée ne suffit pas toujours. Il faut savoir s’entourer, créer des relations et rencontrer les personnes qui permettront à une idée d’avancer.
Un réseau n’est pas une collection de cartes de visite. Ce sont des relations de confiance construites au fil des années.
Et surtout, cela fonctionne dans les deux sens : un réseau n’a de valeur que si l’on sait également ouvrir des portes aux autres.
Quelle personne a particulièrement compté pour vous ?
Mon fils Alexandre. Sans hésiter.
Il a changé ma vie comme un enfant change celle d’un père, mais il m’a aussi, sans le savoir, donné l’une des idées les plus importantes de ma vie.
En cherchant comment l’aider, MyClass est né.
Je pensais que c’était moi qui devais lui apprendre quelque chose. Avec le recul, c’est lui qui m’a appris à regarder les choses autrement.
MyClass est né parce qu’un père voulait aider son fils. Aujourd’hui, mon rêve est qu’il puisse aider beaucoup d’autres enfants.
Quelle question auriez-vous aimé que je vous pose ?
« Qu’aimeriez-vous laisser derrière vous ? »
Quelque chose qui ait du sens. Pas simplement le souvenir d’une réussite ou d’une entreprise, mais quelque chose qui continue à aider les autres lorsque je ne serai plus là.
Si MyClass aide des enfants à mieux apprendre, à retrouver confiance, à découvrir leur vocation et peut-être un jour donne accès à l’éducation à des enfants qui en sont privés, alors j’aurai le sentiment d’avoir créé quelque chose d’utile.
La plus belle trace que l’on puisse laisser est peut-être celle qui continue à faire du bien aux autres après notre passage.
Si votre rêve se réalise, aimeriez-vous participer au Cercle des Lumières, le Cercle des 100 ?
Oui, avec grand plaisir.
Si un jour je suis accepté dans ce Cercle des Lumières, cela voudra probablement dire qu’une partie de mes rêves aura fonctionné. J’en serais très heureux et très fier.
Et si je peux ensuite partager mon expérience et ouvrir à mon tour des portes à d’autres, ce sera avec beaucoup de plaisir.
Un mot pour Wimadame ?
« Oui, Madame ! »
Parce qu’avec les femmes, j’ai appris une règle essentielle : si on ne veut pas avoir de problèmes, il vaut mieux toujours aller dans leur sens ! (rires)
Plus sérieusement, merci à Wimadame de donner la parole aux entrepreneurs, à leurs idées et à leurs rêves, mais surtout aux personnes qui se cachent derrière leurs projets.





