A vous chers lecteurs, chers amis, chère communauté,
Le soleil brille… il réchauffe nos cœurs, le printemps inonde nos pensées. Cette semaine, à l’occasion de cette tribune, une réflexion sur le pourquoi notre belle France valorise fortement l’individu ? Sans doute, parmi les nombreuses réponses, relever un héritage de traditions intellectuelles et politiques, issues du siècle des lumières, où l’autonomie de penser et l’esprit critique sont centraux.
Sur l’individualisme en France ! Il ne tombe pas du ciel. Fabriqué dès l’école, on y apprend à être le meilleur, à dépasser l’autre, parfois à l’écraser, comme si la réussite des uns devait forcément se faire au détriment des autres. La compétition devient une règle implicite, presque une obsession.
Mais à force de former des “premiers de la classe”, on oublie d’apprendre à faire équipe. L’école crée des adultes performants seuls, mais parfois démunis face au collectif, méfiants, incapables de construire ensemble sur la durée, on n’y célèbre peu le gout du risque, et l’amitié.
Temps peut être de chasser en meute, créer des alliances de confiance et de compétences ?
Et si on changeait de logiciel : enseigner le gout d’entreprendre sa vie, de coopération, de valoriser l’entraide, faire du “nous” une force dès le plus jeune âge. Parce qu’une société solide, comme une entreprise qui dure, ne se construit jamais contre les autres, mais avec eux.
Un lien LinkedIn, cette semaine Céline contacte wimadame… elle souhaite prendre la parole et nous présenter sa société CIA, qui signifie, je la cite : « Confiance, intégrité, Action », un cabinet de direction générale, externalisée en SAS à mission, qui sécurise les décisions critiques des dirigeants en combinant droit, neurosciences et intelligence artificielle. Le compliqué ne lui fait pas peur…
Célébrer cette semaine, l’audace, la liberté, la force de se relever de ses échecs, oser, croire, combattre nos peurs, et lutter contre une prudence extrême.
A vous Céline, et bonne chance.
Martine en Normandie
La parole à Céline Duchesne
Présidente Fondatrice du Collectif CIA
Merci de vous présenter
Je suis Céline DUCHESNE, Présidente Fondatrice du Collectif CIA, une SAS à Mission que j’ai fondé pour répondre à un vide que je voyais grandir depuis des années : les dirigeants qui décident seuls, sous pression, avec des outils d’IA qui décident à leur place sans jamais rendre de comptes.
Avant ça, j’ai été conseillère en orientation, je me suis formée au webdesign et à l’infographie à l’école DORANCO Paris, une formation certifiante que j’ai financée via mon CPF et France Travail. J’ai créé et dirigé une SARL qui, depuis, a fermé. Et pour moi, l’échec n’existe pas : ce sont des expériences qui m’ont renforcée, un bénéfice net. J’ai recommencé sur de meilleures bases, et j’apprends encore chaque jour. Je ne viens pas des grandes écoles. Je viens du terrain, des gens, et d’une colère saine contre ce qui est injuste.
Le Collectif CIA, c’est trois expertises Droit, Lien, Neuro réunies autour d’un principe non négociable : aucune décision automatisée sans validation humaine. C’est ce qu’on appelle le protocole No-Full-Auto. Et c’est ma signature.
Qu’est-ce qui vous a vraiment poussée à entreprendre, malgré vos doutes ?
Une injustice. Frontalement. J’ai vu de près quelqu’un se faire broyer par un système qui avait tort et qui avait les moyens d’avoir raison. J’ai vu des décisions tomber sans que personne ne soit là pour dire « stop, on vérifie ». J’ai vu à quel point l’absence de contre-pouvoir humain, au bon moment, peut détruire une vie, une entreprise, une trajectoire.
Et ce qui m’a mise en mouvement, ce n’est pas la colère, la colère, toute seule, ça s’éteint. C’est la conviction qu’on pouvait construire un protocole, une méthode, une structure qui rende cette injustice-là impossible à reproduire. Pas un discours. Un dispositif.
Mes doutes, je les ai toujours. Je n’ai pas de diplôme prestigieux, je ne corresponds à aucune case du CAC 40, et j’ai construit le Collectif CIA depuis la chambre que j’occupe chez ma mère, elle a 80 ans, elle est mon pilier, ma force et mon premier conseil. Longtemps j’ai travaillé sur son ordinateur ; je viens tout juste de pouvoir m’offrir mon propre outil. Les doutes ne disparaissent pas avant d’agir. Ils se dissolvent en agissant.
Votre principale qualité, votre défaut
Qualité : la combativité. Je ne lâche pas. Quand je crois à quelque chose, je construis, je reconstruis, et je finis par trouver le chemin. Ça passe par des nuits courtes et des refus bancaires, mais ça passe.
Défaut : la même. La combativité devient entêtement quand je refuse de voir qu’un chemin est fermé. J’apprends lentement à faire la différence entre un mur qu’il faut contourner et un mur qu’il faut démolir.
Votre rêve le plus fou, quelle décision audacieuse ?
Mon rêve le plus fou, c’est que dans cinq ans, quand un dirigeant de grand groupe prendra une décision stratégique lourde, il se posera naturellement cette question : « est-ce que mon dispositif CIA a validé ce GO décisionnel ? ». Comme on vérifie un bilan comptable ou un audit de cybersécurité. Que le contrôle humain sur les décisions stratégiques devienne un standard, pas une option.
La décision audacieuse ? Avoir lancé le Collectif CIA sans filet. Pas de grand groupe derrière, pas de famille fortunée, pas de plan B confortable. Juste une conviction et une équipe que je construis un maillon à la fois. Certains appellent ça de l’inconscience. Moi j’appelle ça de l’alignement.
Votre coup de cœur
Les gens qui disent oui quand ils n’y sont pas obligés. Celles et ceux qui, au salon GO Entrepreneurs, m’ont écoutée deux minutes de plus que nécessaire. Celles et ceux qui ouvrent une porte dans leur réseau sans me demander ce que j’ai à leur offrir en retour. Mon coup de cœur, ce sont les passeurs. Ils ne savent pas toujours à quel point ils changent une trajectoire.
Votre coup de gueule
L’IA qui décide toute seule. Celle qu’on déploie en silence dans les entreprises et les administrations, qui trie des CV, refuse des crédits, oriente des stratégies, et à laquelle personne ne demande de comptes. Ce n’est pas l’IA le problème c’est le « full-auto », c’est l’absence d’humain dans la boucle de décision.
Parce que derrière ce full-auto, il y a une injustice systémique : les dirigeants qui portent la responsabilité juridique et morale des décisions, mais qui n’ont plus les outils pour les contester quand la machine a tranché. On les isole, on les met sous pression, on leur dit « l’algorithme a dit oui, l’algorithme a dit non », et on attend d’eux qu’ils signent.
Ma colère, c’est ça : qu’on ait transformé la décision qui est un acte humain, porté, assumé en résultat de calcul. Le Collectif CIA existe pour remettre un humain, un vrai, à la dernière ligne. On appelle ça le Maillon de Confiance. Tant qu’il n’est pas là, on ne signe pas.
Quelle part de votre réussite repose sur votre réseau, et comment le cultivez-vous ?
Tout. Ou presque. Une entrepreneure seule, sans diplôme d’école de commerce, sans capital familial, n’a que ça : les liens qu’elle tisse et l’honnêteté qu’elle y met. Chaque porte qui s’est ouverte ces derniers mois qu’il s’agisse de Martine ABBOU, qui m’offre cette tribune, ou d’institutions qui prennent le temps de m’écouter est le fruit d’une relation, jamais d’un pitch.
Je le cultive en trois règles simples. D’abord, ne jamais demander sans avoir donné. Ensuite, dire merci, vraiment, en nommant ce qui a été donné. Enfin, tenir parole, même surtout sur les petites choses. Le réseau ne se « réseaute » pas. Il se mérite, une conversation à la fois.
Vos trois mots préférés…
Cohérence. Parce qu’aligner ce qu’on pense, ce qu’on dit et ce qu’on fait, c’est la seule forme de puissance durable.
Maillon. Parce que personne ne réussit seul, et que la solidité d’une chaîne se mesure à son maillon le plus faible, raison pour laquelle on ne transige jamais sur l’humain.
Encore. Parce qu’après chaque refus, chaque porte fermée, chaque nuit courte, il y a toujours un matin où l’on peut recommencer. « Encore » est le verbe des combattantes.
Qu’aimeriez-vous transmettre dans votre vie ?
Qu’il est possible de construire sans trahir. Qu’on peut bâtir une entreprise, signer des contrats, décrocher des financements, sans sacrifier ce en quoi on croit. Que l’éthique n’est pas un luxe qu’on s’offre après le succès — elle est la méthode du succès.
Et à titre plus personnel : transmettre à celles qui viennent derrière, que les CV atypiques, les parcours cabossés, les SARL qu’on a fermées, les divorces en cours, les comptes bancaires serrés tout cela n’empêche pas. Ce ne sont pas des échecs, ce sont des expériences. Ça forme. Ça trempe. Ça donne une lecture du monde qu’aucune école ne peut enseigner.
Quel regard portez-vous en 2026 ?
2026 est l’année où l’IA s’installe partout, sans garde-fou, dans l’indifférence générale. On s’émerveille de ce qu’elle sait faire, on oublie de demander ce qu’elle est autorisée à décider. Mon regard est double : lucide sur le basculement en cours, et résolument optimiste sur notre capacité collective à y remettre du cadre.
Je vois aussi émerger une génération de dirigeantes et de dirigeants qui refusent le cynisme ambiant. Qui veulent de la performance ET du sens. C’est à eux que nous parlons. Et ils sont plus nombreux que ce que les discours dominants laissent croire.
Quelles questions auriez-vous aimé que je vous pose ?
« Qu’est-ce qu’une SAS à Mission, concrètement ? »
Parce que beaucoup en parlent sans savoir ce que ça engage. Le Collectif CIA est une SAS à Mission au sens de la Loi PACTE : notre raison d’être est inscrite dans les statuts, elle est opposable juridiquement, elle est auditable. Ce n’est pas un slogan marketing, c’est un engagement contractuel envers nos parties prenantes.
« Pourquoi le Triangle CIA, et pas une expertise unique ? »
Parce qu’aucune décision stratégique ne se résume à une seule dimension. Il y a toujours du Droit (ce qui est juridiquement tenable), du Lien (ce qui est humainement soutenable) et du Neuro (ce que nos biais cognitifs nous font ignorer). Croiser ces trois regards, c’est fabriquer des décisions qui tiennent dans le temps. Un seul angle, c’est un angle mort.
Un mot pour Wimadame ?
Merci. Merci à Martine ABBOU, merci à la communauté Wimadame, merci de donner la parole à des femmes qui construisent en dehors des sentiers convenus. Les tribunes comme celle-ci ne sont pas des vitrines ce sont des passages. On y entre avec une histoire, on en ressort avec des sœurs d’armes.
Continuez. Vous faites bouger des lignes que les grandes institutions mettront des années à reconnaître.
Céline DUCHESNE
Présidente Fondatrice — Collectif CIA
SAS à Mission — Bagneux (92)
