A vous chères lectrices, lecteurs, amis et autres,
Au sein de wimadame, refuser les idées toutes faites, c’est aussi accepter que les parcours soient différents. Certaines innovent, d’autres accompagnent, créent, dirigent ou transmettent. Toutes participent à la richesse de notre société.
Les parcours professionnels ne suivent pas toujours une ligne droite, et la capacité à évoluer, à apprendre et à se réinventer est souvent une qualité précieuse. Quant au débat sur les métiers dits « féminins » ou « masculins », il mérite d’être abordé avec nuance : chacun devrait pouvoir choisir sa voie selon ses talents, ses envies et ses valeurs, sans être limité par des préjugés.
L’amie de mon amie est-elle forcément mon amie ? Pas nécessairement. Mais elle peut devenir une belle recommandation, une rencontre inspirante, une découverte qui élargit notre regard.
C’est un peu ainsi que j’ai connu Karin Warin. En parcourant d’anciens contenus publiés sur wimadame, son parcours avait retenu mon attention sur ses compétences. Comme tant de femmes que j’ai croisées au fil des années, elle n’a pas hésité à changer de voie, à se réinventer, à emprunter un chemin différent de celui qu’elle avait imaginé au départ.
Cette capacité à évoluer est une force. Le changement ne fait pas peur à celles qui savent que l’expérience acquise n’est jamais perdue, mais qu’elle se transforme en richesse pour la suite.
En relisant ces témoignages, une question m’est revenue : 2026, existe-t-il encore des métiers plus féminins que d’autres ? Pendant longtemps, au nom de l’égalité, certains ont voulu faire croire que toutes les différences de goûts ou d’aspirations relevaient uniquement des stéréotypes. Pourtant, la réalité est souvent plus nuancée.
Oui, de nombreuses femmes choisissent certains métiers parce qu’elles les aiment, parce qu’elles y excellent, parce qu’elles y trouvent du sens. Et cela n’enlève rien à leur liberté. L’égalité n’est pas l’uniformité, « aimons la différence ». Elle consiste à pouvoir choisir son chemin sans contrainte ni jugement.
Mettre en lumière…Merci à mon amie Caroline Elbaz Zenatti, rencontré au Chinese Business Club. Alors célébrons cette liberté précieuse que nous avons encore dans notre pays : celle de choisir son métier, de changer de cap quand on le souhaite et de réussir en restant fidèle à soi-même
Belle lecture…
Martine en Normandie
La parole à Karin Warin
Entrepreneure, conférencière, auteure et mentor
Merci de vous présenter
Karin Warin. Cheffe d’entreprise, autrice, conférencière, investisseure et mentore.
Je dirige Magna Up, une structure dédiée à la connaissance de soi appliquée au leadership.
Notre expertise : aider les dirigeants à mieux se connaître pour mieux fonctionner avec les autres.
Ma signature : arrêter de manager sa vie contre soi-même. C’est aussi l’objet de mon livre Insupportable Winneuse, où je raconte ce que j’ai traversé avec lucidité.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Je suis dans une phase d’ancrage et d’expansion. Je consolide une offre B2B et B2C — conférences, ateliers, mentorats, séminaires — et je fais grandir l’écosystème Magna Up autour d’un sujet central : la performance sereine, physique et psychique, des dirigeants et de leurs équipes.
Malgré vos doutes, vos peurs, vous avancez ?
Oui. Mais plutôt, en les traversant. J’ai créé, cédé, rebondi, transmis. À chaque étape, l’élan vital a fait la différence. La préférence mentale et motrice sont fondamentales. C’est ce que nous travaillons avec les dirigeants que nous accompagnons.
En ce qui me concerne, évidemment, l’action me dynamise, c’est elle qui me tient debout. Plus j’ai de chantiers en cours, plus j’ai d’énergie pour les mener. Ma vraie peur, c’est l’arrêt. M’arrêter de bâtir, m’arrêter de créer, perdre la tension d’un projet en cours. C’est une peur que partagent beaucoup de dirigeantes et de dirigeants : ils tiennent tant qu’ils sont dans le mouvement, et la perspective de freiner les terrorise davantage que celle d’accélérer encore. C’est précisément un des sujets centraux d’Insupportable Winneuse : comment continuer à avancer avec ses doutes en faisant de l’élan vital sa boussole, et non l’épuisement son repoussoir.
Qu’attendez-vous d’un réseau ?
L’énergie d’un réseau est primordiale et émane de celles et ceux qui le composent. Ce qui m’a fait rester : l’authenticité, l’ouverture, l’enthousiasme sincère. Parfois, le simple fait d’être ensemble réveille une générosité naturelle : l’envie de donner, de transmettre, de mettre en lien, sans calcul.
Un réseau n’est pas un carnet d’adresses. C’est un lieu où l’on se transforme.
Votre principale qualité, votre défaut
Qualité : la lucidité — voir clair, vite, et nommer ce que les autres n’osent pas dire. Défaut : la même, à haute dose.
Votre rêve le plus fou
Que “entreprendre toutes ses vies” devienne une évidence pour des milliers de dirigeants et de dirigeantes. Et wimadame y œuvre chaque jour.
Votre coup de cœur
Mon coup de cœur va aux 45–55 ans qui osent tout reprendre à zéro : reprise, création, reconversion radicale.
Elles arrivent avec vingt ans de métier, une vie cabossée, des enfants, parfois deux divorces, et une intelligence du réel que peu d’écoles enseignent.
Elles ne demandent pas la permission. Elles demandent la méthode. Ce sont mes meilleures interlocutrices — et mes meilleures lectrices.
Votre coup de gueule
Le développement personnel hors-sol qui vend du rêve sans jamais affronter le réel de l’entreprise et de la vie. Et la posture de victime, à tous les étages.
Quelle part de votre réussite repose sur votre réseau, et comment le cultivez-vous ?
Une part énorme de ma réussite repose sur le réseau. Mes acquisitions, mes éditeurs, mes premières conférences B2B, mes meilleurs mentorés : tout est venu de là. Je le cultive en donnant d’abord. Je connecte, je recommande, je relaye. Mais je choisis mes combats : l’entrepreneuriat, la mixité, et l’hygiène de vie.
Je ne peux donner que si le sujet m’embarque.
Vos trois mots préférés
Élan. Lucidité. Transmission.
Qu’aimeriez-vous transmettre dans votre vie ?
Que personne n’est condamné à une seule trajectoire. Qu’on peut entreprendre toutes ses vies, à condition d’oser regarder la sienne en face.
Quel regard portez-vous en 2026 ?
Un regard exigeant et plein d’élan. La crise du travail est devenue une crise identitaire : beaucoup savent qu’ils doivent changer, mais ne savent plus qui être. C’est le sujet du moment. Les entreprises qui sauront accompagner cette mue, en interne et auprès de leurs dirigeants, prendront vingt ans d’avance. Les autres continueront à perdre leurs meilleurs talents et à se demander pourquoi.
Travaillez-vous seule ou en meute ?
En meute, sans hésiter. J’écris seule, je pense seule, je décide seule en dernier ressort, mais rien de ce que je construis ne tient sans mon équipe. Olivier Linot, Sophie De Brabandere, Sarah Mérias et les partenaires qui gravitent autour de Magna Up sont la condition de mon impact. Je m’entoure de personnes qui me poussent, me contredisent et me complètent. De toute façon, je ne suis pas très douée toute seule !
Quelles questions auriez-vous aimé que je vous pose ?
Comment rebondit-on vraiment après une transition professionnelle brutale ?
Le rebond commence dans ce moment étrange où l’on ne peut plus s’accrocher à l’ancienne version de soi, mais où la suivante n’a pas encore pris forme.
C’est ce passage que j’explore dans Insupportable Winneuse et dans mon travail d’accompagnement : comment traverser une transition sans se raconter d’histoires, comment retrouver son élan, comment reconstruire une trajectoire juste.
Une seconde question peut-être, plus en lien avec mon sujet entrepreneurial :
À quoi reconnaît-on une entrepreneuse prête à passer un cap ? Réponse : elle a arrêté de demander si elle est légitime. Elle pose ses choix et elle s’en explique. Le reste suit.
Un mot pour wimadame
Je suis jalouse, j’aurais aimé créer ce média ! Heureusement, vous l’avez fait. Entreprendre toutes ses vies, c’est le miracle de la liberté. C’est Hannah Arendt qui le dit : Tout est dans le “Pouvoir Commencer”.
Merci pour votre œuvre.
Karin WARIN est également autrice d’« Insupportable Winneuse »
Le monde du travail traverse une transformation profonde. En France, les 35–55 ans — longtemps considérés comme la colonne vertébrale des organisations — deviennent aujourd’hui la génération la plus exposée à la perte de sens, à la fatigue de performer et aux transitions identitaires. Reconversion, repositionnement, épuisement, quête de cohérence : les signaux d’alerte se multiplient.
En janvier 2026, l’État a adopté une loi dédiée à la reconversion professionnelle, une première dans l’histoire sociale française. Cette décision fait écho à un constat préoccupant : selon le CEPREMAP, 54 % des salariés envisagent de changer de voie, mais seuls 5 % franchissent réellement le pas. Ce fossé inédit révèle un blocage identitaire massif : beaucoup savent qu’ils doivent changer, mais ne savent plus qui être.
Dans le même temps, l’étude LHH ICEO montre que 66 % des dirigeants français se déclarent en état d’épuisement professionnel — soit +26 points en deux ans. Ceux qui tiennent les organisations sont précisément ceux qui craquent.
Ces chiffres convergent vers une même réalité : la crise du travail est devenue une crise identitaire. Et la réussite visible ne protège plus de la fissure intérieure.
C’est dans cet espace fragile, souvent passé sous silence, que s’inscrit la parole de Karin Warin. Insupportable Winneuse met en lumière ce que vivent aujourd’hui cadres, dirigeants, entrepreneurs et talents en transition : la perte d’élan, le vide après la réussite, la surcharge émotionnelle, la difficulté à incarner un rôle qui ne correspond plus à ce que l’on est.
