A vous, chère communauté, à mes amis, mes lecteurs,
Cette semaine une certaine réflexion …il y a quelque chose de déchirant dans le silence d’un peuple qui fut jadis la voix du monde, même si certains malgré tout, prennent la parole. Comment la terre de Voltaire, de la résistance, des barricades, cette France là, aujourd’hui frappée d’une paralysie étrange. On parle, on regarde, on soupire, on partage des postes, puis on retourne dans sa niche. 2026, d’abord un certain déni, soi disant pas grave, car la France a du potentiel…ensuite un peu plus grave la peur, peur d’être mal vu, catalogué, menacé, perdre son job, sa tranquillité… et enfin le plus grave, la soumission, la plus insidieuse, celle que je ne reconnais plus, tant elle s’est habillée en soi disant sagesse ou réalisme. En entreprise aussi, ce constat, combien d’équipes entières se taisent pour éviter des conflits. Les conflits font partis de notre vie, mais”un peuple qui se tait donne son consentement à ceux qui parlent à sa place'” notre réveil ne viendra plus jamais d’en haut, ni des politiques, il commence içi en donnant la parole à des hommes et des femmes qui osent, aux entrepreneurs. Peut être temps d’investir massivement dans les territoires et donner du pouvoir à ceux et celles proches du terrain.
Cette semaine ce billet d’humeur offert à Jean Luc Scémama…Les chiffres il connait, expert comptable, il contribue activement à la réflexion stratégique et à la structuration de projets entrepreneuriaux..
La parole à Jean Luc Scémama..
France 2026, le pays qui n’ose pas se regarder !
De la dette silencieuse à la sécession silencieuse, le même refus de vérité.
Il y a quelque chose de commun entre nos deux grands malaises de 2026 : la dette sociale et le racisme ordinaire. Dans les deux cas, la France préfère détourner les yeux. Dans les deux cas, l’addition se présente – et les gènèrations qui viennent paieront ce que nous n’avons pas voulu voir.
1. La dette qu’on cache
Nicolas Dufourcq l’a dit sans détour : deux tiers de notre dette publique ont servi à financer des prestations sociales à crèdit. Non pas l’investissement dans l’avenir, non pas les routes, les hôpitaux, la recherche, mais des retraites, des allocations, des droits nouveaux – sans financement. Pendant cinquante ans, nous avons fait croire que la dette n’avait rien à voir avec le quotidien des Français. C’était un mensonge confortable.
En 2026, ce mensonge touche à sa fin. Les taux d’intérêt ne pardonnent plus. La loi de finances a relever le seuil de réinvestissement dans les montages de cession à 70 %. Les PME cédées à des repreneurs cherchent leurs financements dans un marché bancaire tendu. Le chef d’entreprise qui transmet aujourd’hui le fait dans un environnement fiscal et financier qui exige une ingénierie que le boulanger du coin ne peut pas s’offrir seul.
Ce n’est pas l’état-providence qu’il faut démanteler. C’est la fiction selon laquelle on peut tout promettre sans jamais en payer le prix.
2. La sécession qu’on tait
L’ètude Ifop-LICRA publièe en avril 2026 est un miroir que la France regarde avec malaise. 46 % des Français ont subi une agression ou une discrimination raciste au cours de leur vie. Chez les personnes perçues comme noires, ce chiffre atteint 80 %. Chez les juifs et les musulmans, respectivement 69 % et 79 % rapportent des expériences de discrimination.
Et pourtant – le mot “sécession” est juste. Ce n’est pas une guerre civile ; c’est une érosion silencieuse du pacte républicain. Des gens qui renoncent à porter plainte parce qu’ils ne croient plus à l’institution, des jeunes qui envisagent de quitter un pays qui ne les protège pas et une promesse républicaine qui se dérobe sous leurs pieds. L’universalisme français, s’il ne se mesure pas, s’il ne se corrige pas, n’est plus qu’une formule de discours.
3. L’IA, troisième angle aveugle
Mythos, le modèle d’Anthropic spécialisé en cybersécurité, a mis le feu aux poudres en avril. Il est capable de détecter des failles majeures en quelques jours, contraignant la BCE, la Commission européenne et le Trésor américain à réagir en urgence. Pour une fois, les régulateurs ont bougé vite. Mais c’est bien la question structurelle qui est posée : nous entrons dans une ère ou les modèles d’IA généralistes deviennent des armes d’attaque de premier rang – et beaucoup de nos entreprises, notamment nos PME n’ont pas vraiment intégré le fait que leur surface d’attaque a changé de nature.
La vraie fracture de 2026 n’est pas entre ceux qui ´ font de l’IA ª et les autres ; elle est entre ceux qui comprennent que leur exposition au risque cyber a changé et ceux qui ne le verront qu’après l’incident.
4. Ce que 2026 exige de nous
Dans les Think tanks, les cercles de réflexion, les associations professionnelles – les lieux ou se fabriquent (encore) des idées qui comptent – une tentation existe : produire des notes intéressantes, cartographier les problèmes, rendre compte de la complexité ; c’est nécessaire, mais pas suffisant.
2026 exige davantage : de la clarté sur ce que nous voulons, de la franchise sur ce que nous coutons collectivement à nous-mêmes. Et du courage pour dire que l’intérêt général ne se négocie pas en dehors d’une salle de commission ; il se construit, pied à pied, dans des décisions qui ont un prix.
La France n’est pas en déclin. Elle est en retard sur elle-même. C’est différent et c’est réparable si, et seulement si, nous cessons de nous raconter des histoires.
Jean-Luc SCEMAMA
Président de Transmission et Conseil
Président du Cercle Avenir et Progrés (CAP)
