Tribune d'expression au féminin

Quand je serai grande je veux être « FOU DU ROI » (ou FOLLE DE LA REINE)

by Michèle CÔME

Comment arrive-t-on à faire rire les membres d’un COMEX ? Il faut une dose d’audace, je vous l’accorde. Voire un peu d’inconscience. Sur le fil du rasoir on hasarde une première vanne, qui sans être blessante démontre que vous connaissez les rouages de la direction des affaires « qu’on ne vous la raconte pas ». La caricature que vous avancez n’est pas présente dans la pièce, et on ne peut pas la personnifier vraiment, mais chacun peut finalement s’y retrouver… même vous-même quand vous la racontez. C’est la puissance de l’autodérision. On installe ainsi un climat de détente et on perçoit les pensées des participants « c’est vrai on est un peu comme ça… c’est ridicule j’avoue ! Oh oui ça me rappelle ces réunions sans fin dont on sort en se demandant pourquoi on a si bien réussi à contourner les prises de décisions importantes au profit de la création d’un comité de pilotage ad hoc qui n’aura aucune, mais aucune utilité ! » Cet effet miroir est bénéfique, il procure la catharsis nécessaire à lutter contre la « prise de tête », frein à la croissance sereine de toute entreprise.

Mais… pendant ce temps-là les jeunes « hackent » le business, en d’autres termes pondent les prémices de « l’ubérisation « de notre business, et en haut lieu on ne sait pas (toujours) en repérer les signaux faibles. Beaucoup de dirigeants sont déroutés par l’agilité et l’audace de ces diplômés près à quitter la confortable entreprise qui leur a offert un pont d’or pour tenter l’aventure de la START UP. La liberté, l’adrenaline, les angoisses stimulantes, les nuits blanches et les pizzas, les crash tests et les sushis, les réseaux sociaux à fleur d’écran et l’excitation de devenir le prochain Mark Zuckerberg… Ie smartphone greffé au bout de leurs doigts.

Alors voila la folle du roi/de la reine (Tadaaaaa, c’est moiiii) qui vient du monde des affaires, a même été un temps juriste aussi, humoriste de naissance, qui observe cette scène par le prisme du décalage et de l’humour : comment réconcilier ces deux sphères ? Rendre l’innovation pour la croissance plus facile entre les générations, tout en préservant les acquis de l’expérience et l’appel de l’aventure. Faut-il passer par les 12 étapes du voyage du héros de Joseph Campbell ?

Il faut en tous cas mixer tout dans un récipient (la formule du HACKATHON , un marathon de créativité orientée business) pour en sortir l’ELIXIR du projet à succès qui sera attractif pour les investisseurs ou les actionnaires. Et chacun s’accorde sur le point que l’humour permet de détendre les mandibules et d’être plus réceptif ; Si on y ajoute un peu de « storytelling » pour embarquer l’esprit dans l’aventure et faire vibrer l’imaginaire, qu’on anime un groupe projet composé de tuteurs et de juniors, de technos et de financiers, de webdesigners et une bonne imprimante 3D, on démontre que la croissance est le fruit de l’intelligence collective, mais vraiment ! En plus, on s’est bien amusé et on a tissé des liens durables avec ses compères. On en conclut que « FUN IS NEVER A WASTE OF TIME » !

Michèle CÔME
Consultante, COME INC
michele@comeinc.fr