Réflexions, conseils & business Tribune d'expression au féminin

Abandonner le monde de la vérité pour celui de l’illusion…

La vérité est-elle préférable à toute forme d’illusion même si elle nous attriste ou nous déçoit ?
L’illusion… la fuite du réel… et la communication dans tout cet univers ?
Et vous ?

Réflexions rédigées dans Stratégies par Marie-Laure Laville
Directrice de l’agence Lewis France

Alors que triomphe l’individualisme et que les réseaux sociaux ont pris une place centrale dans notre quotidien, la communication des marques se doit de s’adapter.

La planète change et l’individu aussi. Le numérique comme la télévision ou le téléphone font partie intégrante de nos vies. Il modifie les rapports entre les spectateurs et les publics visés. Il change la façon de vivre au quotidien. C’est un changement de perception du monde. Il modifie le regard, les sensations et le ressenti sur les produits et autres biens consommés. Le numérique fascine : son utilisation progresse rapidement, les pratiques changent vite et il permet des avancées technologiques. Tout naturellement, les marques s’en emparent avidement pour s’exprimer, innover et, par là même, placer la société́ face à ses contradictions, ses peurs.

C’est le triomphe de l’individualisme ; un monde où l’on est bercé et où l’on existe à travers les images. Nous sommes entrés dans l’ère d’une société de l’émotion qui s’affiche et partage sans complexe sa vie, son œuvre avec cette folle envie de partager une vie sans embûche. La technologie permet d’effectuer des retouches, d’embellir la réalité et d’ensoleiller les moments de vie. Plus personne ne s’en cache : les retouches d’images pour enjoliver telle ou telle personne sont légion. On cherche à transformer la perception, à paraître toujours sous son meilleur jour, à brouiller les pistes du vrai et du faux.

Le philosophe Michel Serres dit que tout notre environnement et notre vie quotidienne peuvent se manipuler et se gérer avec seulement deux pouces. Notre rapport à l’illusion devient addictif. L’image retravaillée, filtrée, floutée est prise pour argent comptant. Or, le cerveau a besoin d’un temps de pause pour analyser à froid l’information. A chacun sa réalité et ses illusions. Du latin illudere (se jouer de, se moquer de), l’illusion est donc une croyance ou une opinion qui trompe notre esprit par son caractère séduisant et qui est fondée par l’espérance de la réalisation d’un désir. Le philosophe Nietzsche indique quant à lui «que la vie a besoin d’illusion pour se protéger et grandir d’une certaine manière, il faut laisser une place à l’illusion». Si on définit l’illusion comme un désir, l’ère du numérique est un puissant teaser pour mettre en scène et stimuler un ensemble de désirs.

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