Réflexions, conseils & business Tribune d'expression au féminin

Génération startuppeuse

Ecrit par wimadame

by Viviane BEAUFORT

C’est parce que je suis engagée en faveur de l’Europe et de la mixité que Martine m’a proposé d’écrire pour sa Newsroom. A l’occasion de la journée mondiale de l’entrepreneuriat féminin je voudrais vous présenter le club génération startuppeuse, lancée il y a six mois sur wirate.

Je suis Professeure à l’ESSEC et engagée sur la parité avec notamment les programmes Women ESSEC et mes recherches, j’ai la conviction qu’il est temps de transmettre notre expérience et réseau sur l’Entrepreneuriat Au Féminin à la « Génération #Startuppeuse ».

Dans mon livre « Génération #Startuppeuse ou la nouvelle ère »[1] paru début 2017 (Eyrolles), j’ai témoigné et donné la parole à ces entrepreneurEs d’un nouveau monde. En mars, on a lancé le Club Génération #Startuppeuse & Wo/Men experts sur Wirate[2] pour évaluer et accompagner des projets à impact. Le Club se développe – Petit retour sur mes motivations et objectifs.

De la réflexion suivante : parité dans le monde de l’entrepreneuriat, où en est-on ? Le combat n’est pas fini, continuons-le… Ensemble…

Je suis engagée sur la mixité depuis 2008, et en particulier, sur l’entrepreneuriat au féminin, parce que je reste persuadée qu’on ne peut pas parler droit des femmes tant qu’elles n’ont pas d’autonomie économique, et car l’entrepreneuriat est une magnifique aventure. J’ai réalisé, à l’époque, une recherche sur l’entrepreneuriat au féminin qui acte que malgré les différences de Londres, à Paris ou Berlin, on retrouve des caractéristiques communes concernant l’entrepreneuriat au féminin. Je participe aujourd’hui à une autre étude menée par la Women Iniative Fondation WIF et j’ai hâte de voir les résultats.

Sur les bancs de l’école @ESSEC, la “génération Y” m’a donné l’envie d’écrire un livre. Il se veut optimiste, mais réaliste : en accompagnant presqu’au quotidien certaines de ces startuppeuses, j’affirme qu’elles sont vites dévastées quand elles subissent un revers car elles concluent que c’est elles qui sont nulles. Précisons qu’on les attend au tournant : pour passer les obstacles elles se doivent de sauter plus haut ! L’accompagnement ne se résume pas à de l’aide sur les chiffres ou les aspects techniques. Il faut un soutien actif, l’écoute qui les aide à faire le point et repartir. Cette dimension d’accompagnement est particulièrement importante : elles ne sont pas totalement délivrées du complexe de l’imposteur, cette exigence de perfection que personne ne leur demande sinon elles. Ce livre s’inscrit donc dans un parcours de plus de 9 ans de réflexion, de travaux, d’actions par engagement personnel.

Les créatrices d’aujourd’hui ont des projets intéressants, elles utilisent parfaitement les outils du digital qui leur permettent d’inventer, d’innover, de créer des concepts différents. Elles représentent quelque chose de différent et qui est porteur de valeur, dans tous les sens du terme. La très grande majorité des projets portent une dimension d’impact. En accompagnant plusieurs de ces jeunes et en travaillant aux côtés de ma fille, j’ai réalisé qu’elles sont encore bloquées. J’ai du mal à les attirer sur Wirate, alors même que je dispose d’une capacité de prescription et d’un capital confiance important, puisque je les mentore. Elles ont du mal à s’exposer, à être évaluées. Il faut qu’elles sautent le pas, parce qu’avoir un projet et ne pas en parler, ne pas l’exposer, c’est comme ne pas avoir de projet du tout. J’espère que grâce à ce noyau dur de confiance, créé ces derniers mois, il va y avoir un effet d’entraînement.

Je fais le pari que leur ambition, leur intelligence et leur aisance sur les outils digitaux vont prendre le pas sur cette peur et leur permettre de voir l’intérêt de Wirate, de comprendre que le processus d’évaluation ne peut que leur servir parce qu’il est fait dans la bienveillance, et qu’il leur permet d’utiliser ce qu’elles utilisent déjà de manière naturelle dans la construction de leur projet : le collectif et le partage. Il est intéressant que ces projets soient évalués à la fois par des experts et des non-experts, parce que le projet doit rencontrer son marché, et les consommateurs ne sont pas forcément des experts.

Le 13 mars 2017 a été lancé le Club avec trois objectifs : faire venir des startuppeuses sur @Wirate et les faire utiliser l’évaluation « par la foule ». Montrer qu’il y a une expertise au féminin parce que c’est encore un sujet en France. Enfin, en créant ce réseau de femmes (et d’hommes) bienveillants à l’égard des #startuppeuses et en utilisant une capacité à créer de la confiance leur permettre de trouver du soutien.

18 novembre 2017, journée internationale de l’entrepreneuriat féminin : on est 128 experts et 25 startups et on passe à la Phase 2.

La communauté évalue, et plus avant conseille et accompagne. Une « charte de bienveillance » cadre le mécénat de compétences.

Devant nous beaucoup de travail mais… Une volonté d’ouvrir le club, inclus dans les territoires en travaillant avec les réseaux locaux pour fédérer et à l’international (partenariat avec WIA, France Afrique et plusieurs corporate françaises implantées à l’international, le site ESSEC à Rabbat, un travail ancré dans les écosystèmes (car on ne réinvente rien on maille) . Ce développement qui se fera sous l’égide du Pôle Compétitivité french Tech Finances.

Une association en création pour prendre notre envol, un engagement des organisations à nos côtés, qui parce que le monde change veulent jouer collectif pour mieux le capter et l’impacter.

Je suis une “mailleuse” apte à rassembler expert/es de bonne volonté, réseaux engagés sur les femmes et /ou l’innovation et la RSE, l’ISR et même le secteur public en respectant l’agenda et l’identité de chacun pour aider « nos filles à sauver le monde » ! Give me help !

Contactez Martine, elle vous tiendra informée.

Viviane BEAUFORT
Professeur à  l’ESSEC Business School

[1] https://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/generation-startuppeuse-9782212562880
[2] https://www.wirate.co/fr/clubs/generation-startuppeuse-and-wo-men-experts