Tribune d'expression au féminin

La protection sociale des femmes entrepreneures, un enjeu fondamental

By Corinne SAURET

Agent Général d’Assurance exclusif AXA Prévoyance & Patrimoine

La part des femmes parmi les créateurs d’entreprises n’a cessé d’augmenter ces dernières années pour atteindre aujourd’hui presque 40% des auto-entrepreneurs (source Insee 2016).

Or force est de constater qu’il est très difficile pour beaucoup d’entre elles de dissocier vie familiale et vie professionnelle. Malheureusement, il ne s’agit souvent pas d’un choix mais d’une véritable gageure !

La réalité des chiffres est sans appel : elles cumulent 40h de travail à la maison par semaine en plus de leurs obligations professionnelles. En cas de séparation, elles sont 76% à assumer seule la charge de leurs enfants. 75% des personnes aidant un parent âgé sont des femmes.

Pilier de la famille, elles doivent assumer de front éducation de leurs enfants, soutien de leurs parents et développement de leur activité professionnelle.

Débordées, elles se concentrent sur le développement de leur activité, la rentabilité de leur entreprise… et renvoient au second plan ou à plus tard (quand elles auront le temps !) la question de leur protection sociale.

Pourtant la sécurisation de leur situation financière personnelle et familiale, en cas de coup dur, est cruciale. Il s’agit d’une problématique majeure, car nul n’est à l’abri d’une maladie grave ou d’un accident.

Comment se garantir un revenu minimal en cas de coup dur ? Comment assurer l’avenir de sa famille ?

Les garanties contre les risques lourds (arrêt de travail, invalidité, décès) sont essentielles. Elles sont largement conditionnées par le choix du statut juridique du chef d’entreprise et ce choix lui appartient.

Encore faut-il savoir quel statut choisir et se méfier des aprioris ?

1/ Le statut de dirigeants de SAS, de SA, de gérants minoritaire ou égalitaire de SARL

Il relève de la protection sociale des salariés. Il est considéré comme plus protecteur par référence aux garanties de prévoyance collectives dont bénéficient les salariés de certaines grandes entreprises.

Mais c’est une idée reçue, les prestations de base sont faibles, conditionnées par les derniers salaires versés, et plafonnées !

N’espérez pas plus de 1300€ par mois en cas d’arrêt de travail ! En cas de décès votre famille recevra un capital de 3400€, c’est tout !

Et si vous étiez tentées de vous verser des dividendes plutôt que des salaires, sachez-le : pas de salaires = pas de garanties !

Il faudra donc que votre petite entreprise souscrive comme les grandes une couverture prévoyance collective si vous souhaitez bénéficier d’une protection sociale suffisante.

2/ Le statut de gérant majoritaire de SARL ou du dirigeant en nom propre

Il relève du régime des indépendants, des travailleurs non-salariés (TNS). Et là, tout dépend du régime obligatoire auquel vous êtes affilié.

Par exemple, un agent immobilier relevant du RSI recevra entre 5€ et 52€ maximum par jour en cas d’arrêt de travail, alors qu’un consultant affilié à la CIPAV ne percevra aucune indemnité journalière.

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Quel que soit le régime obligatoire dont vous relevez, il sera nécessaire de le compléter pour bénéficier d’une couverture prévoyance suffisante, grâce à la souscription à titre personnel d’un contrat de prévoyance individuelle dans le cadre fiscal de la Loi Madelin.

Pour relever avec succès les multiples défis auxquels les femmes entrepreneures sont confrontées, il est indispensable d’avoir l’esprit libre.

Il est essentiel pour y parvenir de définir précisément ses besoins en matière de protection sociale, de bien connaître l’impact des différents statuts en terme de garanties et ainsi, de choisir en toutes connaissances de causes le mieux adapté à sa situation.

Corinne SAURET est Agent Général d’Assurance exclusif AXA Prévoyance & Patrimoine