Réflexions, conseils & business Tribune d'expression au féminin

La transmission d’entreprise : un embroglio sentimental

By Stéphanie MELLUL-GUEZ
Avocat à la cour

Une cession – tout comme une reprise – d’entreprise se prépare et pas seulement au plan opérationnel, juridique et fiscal mais également au plan psychologique.

Celui qui vend se sépare parfois de l’entreprise créée plusieurs générations plus tôt par un aïeul, la culpabilité dans ce cas n’est pas un sentiment rare.

Celui qui rachète va, lui, prendre en marche un train souvent lancé à grande vitesse, la peur est prégnante.

L’Homme est souvent moins prompt que la Femme à verbaliser ses craintes et ses doutes mais il n’en est (hélas) pas préservé.

Pour éviter les burn out des cédants et les échecs post acquisition des repreneurs, il faut préparer l’après, prévoir ce qui interviendra une fois la cession réalisée au plan juridique.

L’acquéreur s’adonne naturellement à l’exercice d’anticipation au plan technique mais néglige trop souvent l’aspect humain. Il n’est pas rare de voir des repreneurs motivés et bardés de diplômes sombrer dans les abymes de la reprise faute d’avoir anticiper la gestion des relations humaines. Les équipes en place attendent du nouveau capitaine qu’il fasse mieux que son prédécesseur, qu’il dirige la société avec détermination et humanité, elles vont rapidement le juger. Le capitaine doit être infaillible, le repreneur le sait alors il se montre dirigiste, insensible, dur, pour ne pas laisser transparaître sa crainte de mal faire. L’humanité et le leadership, c’est ce qui manque souvent aux chefs d’entreprises.

Pour le cédant : anticiper ce que deviendra le produit de cession d’une part (donations, investissements, nouveaux projets) mais également organiser son emploi du temps une fois qu’il aura lâché les rênes de la société (retraite, lancement d’une nouvelle activité, investissement dans une passion ou un projet trop longtemps relégué au second plan faute de temps, gestion de fortune) doivent être une priorité absolue.

Lorsque vous choisissez votre Conseil, attardez-vous sur sa capacité à vous aider à rebondir. Il ne doit pas savoir gérer que les aspects techniques, il doit être capable de vous guider vers votre bonheur futur !

Stéphanie MELLUL-GUEZ est associé fondateur du Cabinet AV&A AVOCATS