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L’AVC, première cause de mortalité de la femme en France

Ecrit par wimadame

Texte rédigé par Françoise Pariente Ichou

Sa vie s’est brusquement arrêtée ou presque en août 2006 pour le Dr Françoise Pariente  Ichou, médecin microbiologiste, diplômée de l’Institut Pasteur et du MBA d’HEC, suite à une dissection carotidienne consécutive à une chute de vélo provoquant un accident vasculaire cérébral (AVC) traumatique à l’âge de 50 ans.
L’AVC aurait pu être évité si la baisse d’une de ses paupières quelques jours après un traumatisme violent avait été reliée à une possible dissection carotidienne.
Elle a eu beaucoup de chance en étant prise en charge rapidement et traitée efficacement  en 3 heures.
Elle a fait sienne cette cause qu’elle juge justifiée pour à la fois mieux prévenir un AVC et lorsqu’il est suspecté, tout faire pour une prise charge la plus précoce.

Composer le 15 (le numéro des urgences SAMU) devant toute suspicion d’AVC.

ALERTER, C’EST PREVENIR

L’ AVC, première cause de mortalité de la femme en France

Des chiffres, pour la FRANCE :
– 130 000 à 150 000 AVC par an
– Deuxième cause de mortalité globale
– Première cause de mortalité chez la femme
– Première cause de handicap acquis
– Deuxième cause de démence acquise
– Un nouveau patient atteint toutes les 4 minutes
– Pour un patient, 4 millions de neurones détruits par minute perdue.

La véritable urgence de Santé  Publique.

2 types d’ AVC

  • les AVC ischémiques : 80 à 85 % des AVC

sont liés à une occlusion d’une artère cérébrale par un caillot de sang.
La principale cause est l’athérosclérose (formation de plaques d’athérome (accumulation de lipides et de LDL cholestérol) dans la paroi interne de l’artère).

  • les AVC hémorragiques : 15 à 20 % des AVC

liés à la rupture d’une artère cérébrale (essentiellement petite artère fragilisée par l’ athérosclérose ou malformation préexistante).

Quand on parle d’AVC, on pense avant tout à une personne âgée. Ce n’est pas vrai.
Plus de 25% des AVC ont moins de 65 ans. La dissection carotidienne est la principale cause d’AVC de l’adulte jeune, 40 à 45 ans.  On parle d’AVC traumatique. Il représente 20% des AVC ischémique.

RECONNAITRE les symptômes de l’AVC

Il faut repérer vite, compte tenu de l’urgence, ce qui peut-être un AVC.

  • Pensez à poser 3 questions simples :

– Voulez-vous me sourire ?
– Pouvez-vous relever les 2 bras ?
– Demandez de répéter une phrase simple comme « il fait beau aujourd’hui ».
Si la réponse est incorrecte ou bizarre, COMPOSEZ LE 15, c’est peut-être un AVC.

  • D’autres signes doivent alerter :

– la langue une fois tirée est déviée d’un côté,
– une faiblesse musculaire ou une paralysie d’un membre, souvent d’un coté,
– une perte de la sensibilité ou un engourdissement d’un ou plusieurs membres ou du visage,
– une perte de vision d’un œil (faire fermer un œil et puis l’autre),
– une difficulté à parler,
– des troubles de l’équilibre,
– des troubles de la vigilance,
– un mal de tête brutal, intense et inhabituel.

Face à de tels symptômes, COMPOSER LE 15 ( le SAMU). MIEUX VAUT APPELER A TORD QUE TROP TARD.

L’accident ischémique transitoire  (AIT) : l’un des signes précédemment cités qui régresse spontanément constitue un signe d’alarme et doit absolument conduire à une consulter en urgence

INTERVENIR  le plus rapidement possible

Première étape

Avec les traitements actuels validés, tout doit être fait dans un délai maximum de 4h30 (appel au 15, le transport dans une unité spécialisée, les examens complémentaires) pour pouvoir appliquer le traitement salvateur d’ où l’urgence.
En cas de suspicion faite par les urgentistes du SAMU, les patients sont dirigés dans la mesure du possible vers une UNV (unité neurologique spécialisée). Ces unités fonctionnent 24/24h, confirment le diagnostic d’AVC, pratiquent un scanner pour distinguer le type d’AVC, ischémique ou hémorragique car le traitement est radicalement différent, une IRM si le temps le permet confirment et fournissent des éléments pronostics.
Les progrès de la télémédecine permettent à des hôpitaux équipés de cette pratique d’agir sur place en liaison avec les UNV.
En 2015, il existait 145 UNV  ce qui est un progrès considérable (21 en 2006) grâce au plan AVC mis en place par Roselyne BACHELOT entre 2010 et 2014.

Le traitement :

  • la THROMBOLYSE (administration intra veineuse d’un produit capable de dissoudre le caillou sanguin obstruant l’artère) est le traitement salvateur des AVC ischémiques, ce traitement ne peut être administré que dans les 4h30 maximum depuis le début des premiers signes. Compte tenu de cette contrainte de temps, moins de 10% des AVC ischémiques peuvent en bénéficier.
  • La thrombectomie mécanique ( extirpation du caillot par cathéter en service de neurologie interventionnelle) depuis 2015 peut être appliquée seule dans les 6 h après les premiers signes ou en association à la thrombolyse  dans les 4 h30 dans des conditions très précises en cours de validation officielle.

Deuxième étape 

  • recherche de la cause de l’AVC pour prévenir la récidive
  • dépistage et prise en charge de complications précoces ( 50% des AVC)
    • 30% des patients sont décédés 1 ans après l’AVC
    • 60% des patients récupèrent une indépendance fonctionnelle
    • 40% des patients gardent des séquelles importantes
    • parmi les séquelles les plus fréquentes : l’hémiplégie (paralysie d’un hémi corps)
      et l’aphasie (trouble du langage); mais aussi, la dépression (30%), le déclin cognitif (démence), l’épilepsie.

Prévenir : la meilleure stratégie pour lutter contre les AVC

La prévention du premier AVC

  • dépistage et traitement des facteurs de risque vasculaire
    • pression artérielle
    • excès de cholestérol
    • le diabète
    • l’obésité abdominale
    • la fibrillation auriculaire
    • le tabagisme, une consommation excessive d’alcool
    • régime alimentaire  et sédentarité
    • le stress , facteur aggravant

Des progrès dans :

  • le nombre d’ouverture des centres spécialisés (UNV) et l’augmentation des patients qui accèdent à une UNV couplée à la baisse de mortalité
  • Le développement télémédecine

Encore des faiblesses :

  • le nombre de patients qui bénéficient d’une prise en charge précoce
  • l’inégalité qui persiste d’un région à l’autre (mortalité augmentée en Outre-mer, en Bretagne et Haut-de-France)

Les enjeux de la recherche

  • trouver de nouveaux traitement permettant d’élargir la fenêtre des 4h30, d’autres traitements dits neuroprotecteurs, la thérapie cellulaires visant à remplacer les neurones détruits
  • affiner les critères de pratique de la Trombectomie

Le plus important :

  • permettre à un plus grand nombre de patient de bénéficier d’une prise en charge précoce
    • en apprenant à repérer un possible AVC avec les 3 questions à poser
    • en appelant le SAMU en composant le 15 si signe anormal
  • prévenir un AVC en réduisant les facteurs de risques vasculaires