Coup de projecteur sur...

Bienveillants et efficaces : les espaces de travail de demain

Alarmante perspective…

Voici Emma, l’employée de bureau type à l’horizon 2040 : elle a le dos voûté à cause d’une assise prolongée ; elle souffre de varices, car elle a une mauvaise circulation sanguine ; ses yeux sont injectés de sang du fait d’un travail intense sur les écrans ; ses poignets et ses jambes sont gonflés parce qu’elle effectue des mouvements répétitifs ; elle est bedonnante car elle travaille de façon sédentaire ; elle souffre d’eczéma parce qu’elle stressée par les tâches à accomplir ; son teint jaunâtre s’explique par le manque de lumière naturelle que reçoit sa peau ; elle a une pilosité développée aux oreilles et au nez due à la mauvaise qualité de l’air.

De quoi positiver !

Voici donc à qui nous pourrions ressembler dans deux décennies… Le portrait n’est pas des plus flatteurs, convenons-en. Mais il est encore temps d’agir pour rectifier le tir. La Fabrique Spinoza, le think-thank dont « la mission est de redonner au bonheur sa place au cœur de notre société », veut sensibiliser les décideurs économiques sur ce sujet. Le bien-être est primordial pour les salariés bien sûr, mais aussi pour la rentabilité des entreprises dans lesquelles ils travaillent… Selon L’Observatoire Actineo, neuf salariés sur dix se sentiraient plus productifs et créatifs lorsque leurs bureaux sont bien aménagés !

Hier, au boulot…

En 2016, selon OpinionWay, 27% des collaborateurs étaient encore insatisfaits de leur lieu de travail. Sont mis en cause la température, la climatisation, le bruit, la lumière, la mauvaise hydratation, l’insuffisante ergonomie des postes de travail, les écrans inadaptés, la mobilité très limitée durant les heures de travail, le stress souvent présent… Le passage du bureau totalement fermé, qui entrave la collaboration, au tout open-space, qui reste peu apprécié au final, n’a pas régler le problème. Il faut trouver d’autres types d’aménagements.

Repenser l’espace de travail

Transformation digitale menée tambour battant, progression inexorable du télétravail, hybridation des activités, révolution de la gouvernance, réhabilitation du corps et des émotions, aspiration des salariés à identifier le sens de leur travail… ce sont autant de nouveaux éléments à prendre en compte pour imaginer l’espace de travail adapté de demain. Ces modes de travail et les aspirations des employés évoluent beaucoup et durablement… les lieux de travail doivent logiquement suivre !

Les tiers-lieux, pour expérimenter

C’est au cœur de ce que l’on appelle les tiers-lieux que l’on teste les nouvelles propositions d’espace de travail. Les caractéristiques en ont été identifiés dans cette étude : « espaces multiples, dessinés sur mesure selon les activités, profondément digitaux, mais aussi respectueux, humanistes, faisant place à la nature, attentifs au corps, ouverts sur le monde, et démocratiques »… Un mouton à cinq pattes pour l’heure, qui devrait devenir la règle dans le futur !

Des espaces à taille humaine

Sans bonnes relations humaines, pas de collaboration positive entre les salariés, c’est un fait. Alors si l’on sait que l’aménagement de l’espace de travail peut influer sur ces rapports humains, celui-ci doit être pris en compte. Le principe de Dunbar, selon lequel il existe un nombre maximum d’individus avec lesquels une personne peut entretenir simultanément une relation humaine stable, donne des indications. Certains spécialistes estiment que ce chiffre, au sein de structures économiques, est de 150 individus : au-delà, il faut donc prévoir des lieux supplémentaires distincts, et organiser les espaces de travail sur cette base.

Des espaces organisés selon les activités

L’exemple des salles de réunions est déjà effectif et probant. Mais l’accès à ces espaces devra se dérouler de manière plus efficace encore : on entend parfois que 70% des employés perdraient jusqu’à 15 minutes par jour pour trouver une salle où se réunir ! Au-delà de ces espaces de collaborations institutionnalisés, il en existe d’autres où les échanges ont aussi lieu et qu’il serait judicieux d’intégrer dans la réflexion sur l’optimisation des espaces de travail. Pour exemple, ceux où l’on prend un café ou les restaurants d’entreprises… car 70 % de ce qui est appris au travail repose sur des échanges imprévus et informels (…). Pour le bien-être des salariés, des espaces dédiés à la concentration, mais aussi à la socialisation sont à développer… D’aucuns vont jusqu’à imaginer que l’on puisse, à terme, aller jusqu’à adapter l’environnement de travail de chaque salarié à ce qu’il est humainement : introverti, par exemple, il aura besoin d’un espace plus calme.

Des espaces sans bugs !

Une étude Barco de 2016 affirme que 2 jours de travail par an et par salarié sont gâchés, et ce majoritairement par les problèmes informatiques et de connexion. Dans les espaces de travail à venir, les bugs doivent définitivement être bannis. Et au-delà même de cette préoccupation, ces espaces doivent proposer aux travailleurs des approches digitales abouties : outils intuitifs, plateformes sociales internes, services techniques intégrés…

Des espaces vivants

L’art et la nature seront aussi convoqués dans les futurs espaces de travail : ils sont à l’origine, selon une étude de 2010, d’une diminution du nombre d’erreurs du salarié, entre 17 et 32%. Un design sensoriel pour les espaces de travail, basé sur la lumière, les fragrances, les matériaux… se développe : il favoriserait l’épanouissement et la concentration. Pour exemple, chez Purina, le programme Pets at work promeut la présence dans les bureaux de chiens : cela susciterait plus d’engagement organisationnel et moins de stress.

Les espaces de travail sous les projecteurs !

Des marques d’attention prometteuses pour la création d’espaces efficaces et bienfaisants à l’avenir…

  • Emmanuel Macron a recruté un conseiller aux tiers-lieux
  • le 17 juin 2019, pas moins de 5 ministres dont Muriel Pénicaud et des représentants de Bercy inauguraient la journée nationale des tiers-lieux
  • Paris est devenu la 3ème ville au monde en termes d’espaces de coworking
  • La société Michel & Augustin ouvrent leurs portes à leurs clients-fans pour des soirées dégustation à leur siège
  • Les mutuelles veulent intégrer coworking et cafés associatifs dans leurs agences.
  • La Région Ile-de-France emménage dans son nouveau siège à Saint-Ouen… après plus de 18 mois passés à dessiner de nouveaux espaces, accompagner les collaborateurs et réorganiser en profondeur ses processus de travail.

En savoir plus

http://fabriquespinoza.fr/rapports/nouveaux-espaces-de-travail-et-experience-collaborateur/
http://fabriquespinoza.fr

La Fabrique Spinoza, c’est l’Observatoire Spinoza (production d’études pour faire bouger les décideurs politiques et économiques et/ou le grand public) ; l’Action Spinoza (conseil en épanouissement des salariés) ; la communauté nationale et internationale de bénévoles (appelés « Passeurs du bonheur » et organisant des actions citoyennes autour du bonheur).

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