J’aime ce mois-ci Tribune d'expression au féminin

Et si vous vous mettiez au tango ?

Ecrit par wimadame

Texte rédigé par Karine Filhoulaud

Le tango est une danse, soit… mais il n’est pas que cela. Tous ceux qui le dansent s’accordent à le dire. Mais qu’est-il alors, vraiment ? Pour certains, la possibilité d’apprendre à danser dans un cadre précis, codifié… donc rassurant. Et donc une façon de prendre confiance en soi quant à la musique et l’expression corporelle.

Pour d’autres, c’est une manière d’aller vers autrui. Le tango n’est-il pas la danse à deux par excellence. Une manière de s’obliger, tout en se faisant plaisir, à socialiser. Et au-delà-du couple seulement, notez-le, car, si l’on danse au cours des bals tango appelés « milongas », on converse aussi, on échange, on rit, on s’émeut… Bref, on se rencontre !

Pour d’autres pratiquants encore, le tango, c’est chercher à créer une délicieuse osmose entre la musique et les partenaires qui, à travers elle, s’exprime. Une jouissance double de mélomane et de danseur que l’on partage dans l’intimité de l’abrazo… la position embrassée qui fait dire que le tango est pour le moins sensuel !

Cette liste des raisons pour lesquelles l’on peut s’adonner au tango, est loin d’être exhaustive… A chacun et chacune, en effet, ses raisons de dessiner des pas si spécifiques et si en corrélation avec les notes et paroles de si cette singulière musique.

Alors, pour savoir pourquoi, vous, vous pourriez danser le tango… il ne vous reste plus qu’à vous y essayer ! Suivez le guide pour vous y mettre. Et peut-être deviendrez-vous un peu plus encore entrepreneuse de votre vie… côté privé ?!

vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=EonJCGlQ-qE

La musique tango vous plait ?

C’est, sans nul doute, la première question à vous poser ! Certains la ressentent comme triste ou mélancolique, d’autres comme chargée d’émotions et donc si vivante… A chacun ses tangos préférés, ceux des origines, des morceaux plus récents aussi, et même des carrément contemporains : de Gardel au 20e siècle, à Gotan Project ces dernières années, en passant par Piazzola dans les seventies… le choix est plus que large. Malgré cette variété, quelques notes suffisent, la plupart du temps, pour qu’on reconnaisse un tango ! Sans doute parce que cette musique a son propre instrument : le bandonéon, une sorte de petit accordéon. Et puis, aussi, son – plutôt « ses » – rythmes, qui se succèdent et se superposent au fil d’un même morceau : accélérations, ralentissements, arrêts, reprises… tous soudains et imprévisibles, le plus souvent. Une musique pour le moins riche !

vidéo :  https://www.youtube.com/watch?v=yAS9RlsKSpA

Vous appréciez la danse… de couple ?

Vous trémoussez sur les dance floor, ça vous plaît. Parfait… Mais là, nous parlons d’une danse partagée ! Et pas qu’un peu à vrai dire, puisqu’il s’agit tout bonnement d’embrasser (au premier sens du terme !) votre partenaire. Et ce partenaire, vous pouvez ne l’avoir jamais vu auparavant… Notez, de plus, que cette embrassade dure une tanda, soit 4 ou 5 tangos, environ 5 minutes, tout de même ! Ajoutons encore, que dans cette étreinte, le but n’est pas d’être deux, mais un seul : la musique, l’autre et vous… C’est l’« abraso », la « connexion » : voilà deux mots-clés du tango qui signifient tout simplement que dans le couple, sans communication, il n’y a pas de communion possible ! Le « guidage », autre mot clé, pointe alors le bout de son nez : c’est l’un des partenaires qui initie le mouvement, traditionnellement l’homme, mais, de plus en plus, qui veut. Ensuite, l’autre suit, bien sûr, mais dans une dynamique constructive… parfois même jusqu’à proposer ! On est loin du machisme parfois attaché au tango, non ?

Vous aimez aller au-delà des clichés ?

Le machisme, voilà l’un des plus prégnants concernant le tango. On ne peut nier que, par le passé, cet aspect ait pu être fondé, et même dans certains cercles actuellement. Mais l’une des règles qui régit les milongas, les bals dédiés au tango, prouve le contraire. L’invitation à danser est d’ordinaire initiée par l’homme, par un regard appuyé. C’est la « mirada ». La femme peut détourner le regard pour refuser, ou d’un signe de tête ou des yeux, accepter en faisant le « cabeceo ». C’est donc plutôt, dès le début de la rencontre, d’une entente mutuelle dont il s’agit entre les deux sexes. Justement le sexe, ou plutôt la sensualité extrême… Une autre idée préconçue : certes le tango est né dans les bordels de Buenos Aires ; et oui encore, certains viennent au tango pour trouver une ou un partenaire de plus long terme qu’une seule tanda ! Mais la plupart du temps, on s’y adonne pour vivre cette jouissive osmose entre deux personnes et une musique, cette alchimie éphémère qui fait rêver les tangueros : une sorte de graal, mais un graal qu’ils trouvent… parfois ! Et le spectaculaire, alors ? Un nouveau cliché ! Le tango avec ses chaloupés et ses coups de pieds, ses bras et jambes raides, ses allures hautaines… où donc ? Dans le tango de compétition ou escenario (de scène) oui, quand le couple est seul en scène, mais pas dans le « tango argentin » où les couples se fondent dans le mouvement de la milonga. Une milonga ? C’est ainsi que l’on appelle les bals tango !

Apprendre… ne vous effraie pas ?

Comme toutes les danses, le tango s’apprend. Mieux vaut, sans doute, au départ, avoir un peu le sens du rythme, il est vrai ! Mais le nécessaire le plus nécessaire reste celui de l’écoute de la musique et des circonvolutions spécifiques au tango. Ensuite, cours et stages… à foison, c’est préférable, car le tango n’est pas réputé la plus aisée des danses de couple. Passionnante aussi pour cela sans doute, elle ne se livre qu’à force d’efforts. D’autant plus ces temps-ci… où les novices sont amenés à apprendre (du moins s’initier) aux deux rôles, guideur et suiveur, pour bien saisir les tenants et aboutissants de la danse en globalité !

Vous adorez la rencontre sans frontières ?

Outre le moment d’embrassade, le tango est une danse qui fait se rencontrer ses pratiquants. Durant les cours, les amitiés se nouent sur fond d’efforts, de peine, de progrès…. En petits groupes, les débutants se motivent, après quelques mois d’apprentissage, quelques stages intensifs, pour aller dans une « pratique », où ils peuvent s’entraîner entre eux : échanger, corriger, essayer…. Puis, c’est le grand plongeon dans l’univers des milongas, souvent encore impressionnantes pour les novices. Ce sont alors les premières tandas partagées avec des partenaires inconnus… Les plus accrocs vont plus loin et partent pour des festivals et marathons organisés, en France comme à l’étranger puisque le tango se danse dans le monde entier : alors, les rencontres se multiplient encore.

Si vous avez répondu « oui » à toutes ces questions…

…il est grand temps de vous mettre au tango argentin ! Pas encore complètement convaincu ? Alors, allez faire un tour à une milonga. Pas un tour de piste… Ça, ce sera pour un peu plus tard, car il est difficile de danser sans aucune base ! Mais pouvoir regarder tranquillement les couples évoluer, goûter à l’ambiance de ce genre de bal, vous donnera déjà une idée plus vivante de ce qui risque de vous absorber… Notez qu’à Paris et dans les grandes villes, aux beaux jours, des milongas en plein air et gratuites sont organisées ! N’hésitez pas non plus à assister à des concerts de tango, pour vous familiariser avec la musique…

Pour découvrir et apprendre le tango

La musique

  • Silbando : www.silbandotango.com
  • Tangoleon (décalé) : http://tangoleonquartet.wixsite.com/tangoleon
  • Hypérion ensemble : www.ensemblehyperion.com
  • Tangosonos (deux frères musiciens) : tangosonos.com

Les profs, les associations, les milongas 
A Paris :

A Tours :  Carolina – tangobairespoitiers.com
A Montpellier : Jean-Sébastien – www.jsrampazzi.com
A Lyon : Esteban – estebanmorenotango.com
A Marseille : Diego – www.tangoporvos.com
A Rennes : Marinette et Philippe – www.tango-rennes.fr
A Toulouse : tangueando.fr
A Lille : www.tangonirico.fr et www.tango-tango.org
A Mulhouse : www.estro.fr