Edito Média

La calculette est un outil politique si destructeur

Ecrit par Martine Abbou

Edito de  Patrick Arnoux  Rédacteur en chef du Nouvel Economiste

Faire des économies sur le dos des entrepreneurs les plus modestes, pénalise leur présent, hypothèque l’avenir de l’économie.

Ce sont les ferments les plus toniques de la vie économique, ceux dont l’action est le moteur de ce dynamisme entrepreneurial dont l’économie a le plus besoin. Par vocation, passion, gout de l’action ils sont des milliers – précisément 300 000 en 2018 – a avoir crée leurs entreprises en acceptant délibérément les contraintes et règles du jeu que l’administration a fixé pour encadrer le développement de leur activité.

Ils ont donc calé leur business plan, adapté leur modèle économique sur des prévisions fiables du coté des taxes et charges. Croyaient-ils, à tort…
En quasi catimini, sans la moindre concertation, ni la moindre étude d’impact, les calculettes de quelques technocrates, du coté de Bercy, sérieusement à la recherche d’économie ont élaboré des décisions en forme couperet. Remettant même en cause des mesures adoptées le 1 er janvier dernier !
Plutôt que de profiter des débats parlementaires sur la loi de finances, le gouvernement veut précipiter les choses en agissant par décret.

Dès le 1 er octobre, un nouvel entrepreneur n’aura plus qu’une année de charges réduite contre 3 actuellement. Une jeune créatrice d’entreprise réalisant 10 000 euros de chiffres d’affaires par an qui doit payer 3300 € pour les 3 premières années devrait désormais faire un chèque de 5500 euros si cette décision est adoptée. Elle vaudrait également pour les micro entrepreneurs déjà installés depuis 3 ans.
Fallait il fragiliser encore les projets de ces structures naissantes dont on connait bien les risques majeurs de mortalité infantile.

Ces jeunes pousses ont besoin d’engrais pas du désherbant fiscal qui en contrarie la croissance quand elle ne ruine pas leurs perspectives. Alors que partout se développe une nouvelle façon d’entreprendre, plus réactive, plus sérieuse, plus agile. Elle ne peut s’épanouir dans un contexte de bricolage et d’improvisation.
Susciter, encourager, favoriser les vocations et les énergies d’entrepreneurs devrait au contraire être au cœur de la mission d’un politique responsable.

Les réussites de tant de femmes parmi les start up montre à quel point ce type d’aventure économique suscite actuellement engouement et vocations.
En 10 ans, ce régime a permis à 2,8 milllions de personnes de créer leur structure. Ils sont aujourd’hui plus de 1,3 millions à mobilier leur force de travail dans cette variante indépendante. Certains vont recruter, se développer, gagner des parts de marché, s’imposer et donc…payer charges et taxes. Donc, réfléchissez, mieux vaut les laisser grandir, les stimuler qu’essayer de les détruire quand le blé est en herbe.