J’aime ce mois-ci Tribune d'expression au féminin

L’othophoniste et la communication de l’enfant

Texte rédigé par Sylvie Nataf

Hommage à Sylvie Nataf , Ortophoniste. Une professionnelle paramédical qui a pour mission, la prévention, le dépistage le diagnostic et la rééducation des troubles du langage. Son intervention dans le domaine de la surdité concerne une large majorité des enfants sourds.

A notre époque « communiquer » est devenu un acte primordial de la vie quotidienne professionnelle et privée. On échange, sans cesse, via notre téléphone, les réseaux sociaux, les mails…  Les entreprises veulent communiquer sur leur image, avec leurs clients et leurs employés. Nous avons un besoin grandissant de conseillers, de consultants et d’agences de communication.

Quel est le rôle de l’orthophonie dans le développement de la communication de l’enfant ? 

L’orthophonie est une discipline prenant en charge l’éducation et la rééducation de la parole et du langage.
L’orthophonie intervient dans la communication orale du tout jeune enfant : auprès du nourrisson, dès l’âge de 6 mois, l’orthophoniste peut agir en cas de surdité. Chez le jeune enfant, elle s’attache à étayer une communication qui se met en place de façon altérée.
Elle prend ainsi en charge l’enfant sourd, autiste, présentant un retard ou de parole et de langage, un trouble d’articulation, un bégaiement.
L’orthophoniste peut agir aussi auprès de l’adulte dont les capacités de communication orale se dégradent : troubles de la voix, aphasie après un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien, maladie de Parkinson… Elle peut également accompagner les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies neurodégénératives.
Mais la communication n’est pas seulement orale, c’est aussi l’écrit. Communiquer à l’écrit c’est savoir rédiger et comprendre un texte. Dans ce domaine l’orthophoniste intervient encore.
Elle épaule l’enfant qui, malgré tous ses efforts, ne parvient pas à apprendre à lire de façon efficace (la dyslexie) ou à écrire (la dysorthographie). Il confond ou inverse les lettres. Il ne peut pas mémoriser l’orthographe des mots même les plus usuels. Il n’applique pas les règles de grammaire.
Savoir lire ce n’est pas seulement déchiffrer c’est aussi comprendre. Mais que peut-on analyser si on ne connaît pas la signification des mots, si on ne saisit pas les nuances syntaxiques ou l’implicite d’une phrase ? L’orthophoniste travaille à enrichir le lexique, structurer la syntaxe… pour permettre à l’enfant d’entrer dans l’écrit.

Mais il y a aussi d’autres troubles « dys » qu’il faut accompagner. « Dys » de dysfonctionnement : « dyscalculie » dysfonctionnement de l’apprentissage des mathématiques, « dyspraxie » dysfonctionnement de l’organisation du geste, « dysphasie » dysfonctionnement majeur de l’apprentissage du langage oral et écrit.

Mais que serait l’orthophoniste sans les parents et son entourage immédiat pour la prise en charge d’un enfant ? 

C’est dans le quotidien que le langage se développe et doit être stimulé. Dès les premières heures de la vie de l’enfant, son cerveau enregistre notre langue, la décrypte et la code pour que, vers l’âge d’un an, ses premiers mots apparaissent.
Aussi il est nécessaire, indispensable de parler au jeune enfant dès ses premières heures de vie, lui donner les modèles de phrases qu’il reproduira ensuite.  Il convient de développer son vocabulaire, lui lire des livres, jouer avec lui…
Il faut être vigilant, repérer l’enfant qui ne réagit pas à l’appel de son prénom, aux portes qui claquent, au téléphone qui sonne. Les entend-t-il ?
Etre attentif à l’enfant dont le regard se perd, qui se replie sur lui-même, aux premiers mots qui tardent à venir.
S’interroger face à un apprentissage de la lecture trop laborieux et douloureux…
Une difficulté dépistée rapidement et bénéficiant d’une prise en charge adaptée évoluera plus favorablement qu’un trouble qui s’installe et qui isole l’individu en entravant sa communication.
Ainsi, nous pouvons donner toutes les chances à nos enfants d’entrer dans ce « monde de la communication » en faisant des communicants à part entière et l’orthophonie peut y contribuer.