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Peut-on prévenir un AVC

AVC prévention santé
Ecrit par Martine Abbou

Le Dr Françoise Pariente Ichou prend la parole pour l’édito de wimadame, ce 7 décembre 2021

Avec l’AVC (Accident Vasculaire Cérébral) trois lettres qui tuent ou qui signifient Agir Vite pour le Cerveau, le risque zéro n’existe pas. Mais il est possible d’en réduire la probabilité :

Qu’il soit ischémique (rupture d’un vaisseau cérébral) ou hémorragique (obstruction d’un vaisseau cérébral), l’AVC survient le plus souvent chez des personnes présentant des facteurs de risques liés à leur hygiène de vie ou à certains problèmes de santé.

Il est possible d’agir. “Chacun doit réagir !“ nous recommande le Dr Françoise Pariente Ichou, médecin microbiologiste, qui écrit avec authenticité, “Je fais partie du club des AVC mais aussi du club des miraculés grâce à 3 mots clés : chance, force intérieure et amour familial. Tout le monde a le droit à cette chance. Elle passe par la prévention“. Voici ce qu’il faut savoir à minima :

Dix facteurs de risques potentiellement modifiables avec une bonne hygiène de vie sont associés à la survenue de 90% des AVC :

  • L’antécédent d’hypertension artérielle, qui contribue à 40% au risque d’AVC (risque multiplié par 2, et par 5 chez les moins de 55 ans)
  • Le tabagisme, qui triple le risque d’AVC
  • L’obésité abdominale, qui contribue à hauteur de 36% à l’AVC
  • Une alimentation non équilibrée qui contribue à hauteur de 33% au risque d’AVC
  • Le manque d’activité physique
  • La consommation d’alcool
  • La fibrillation atriale, qui est le premier facteur de risque d’origine cardiaque, avec un risque multiplié par 4
  • Les facteurs psychosociaux (stress, dépression, isolement social…)
  • Un diabète, pour l’AVC ischémique
  • Une concentration trop élevée d’un ou plusieurs lipides présents dans le sang (cholestérol, triglycérides…).

Comment prévenir ?

En 1 : Contrôler sa tension artérielle En France, environ 15 millions de personnes sont hypertendues et près de 11 millions de personnes sont traitées. Le traitement de l’hypertension associe la mise en place de règles d’hygiène de vie (manger moins salé, perdre quelques kilos en cas de surpoids, exercer ou reprendre une activité physique, arrêter de fumer …) et un traitement médicamenteux. Le traitement doit être non seulement conduit le plus souvent sur le long terme mais doit être suffisamment efficace pour prévenir les accidents cardio-neuro-vasculaires.

Bien plus qu’une contrainte, le traitement de l’hypertension doit être perçu comme un moyen de vivre plus longtemps et sans incapacité. En effet l’espérance de vie des patients hypertendus traités est identique à celle de la population non touchée par ce facteur de risque.

En 2 : Agir sur sa consommation de Tabac

Pour éviter un AVC, il est recommandé de ne pas fumer ou d’arrêter. Votre médecin traitant peut vous accompagner dans cette démarche. Pourquoi arrêter de fumer ? Fumer diminue vos capacités respiratoires et cardiaques à l’effort. Votre corps est en effet moins bien oxygéné et vos muscles moins performants. La cigarette annule aussi la protection naturelle contre le risque de maladies cardiovasculaires dont bénéficie les femmes jusqu’à la ménopause, grâce à leurs hormones.

L’association pilule-tabac multiplie par plus de quatre le risque de faire un AVC.

En 3 : Évitez l’excès de poids

Le surpoids aggrave le risque d’apparition des maladies cardiovasculaires dont l’AVC. En limitant votre apport en graisses et en sucres, vous évitez l’excès de poids qui oblige votre cœur à un travail accru. Le périmètre abdominal (pour mesurer la présence de graisse au niveau abdominal) constitue l’un des meilleurs indicateurs de facteurs de risques pour ce qui est des maladies cardiovasculaires (le tour de taille est excessif lorsqu’il dépasse 80 cm chez la femme et 94 cm chez l’homme européen).

Pour savoir si vous êtes en surpoids, calculez votre indice de masse corporelle ou IMC (poids divisé par la taille au carré). En fonction du résultat, il faudra consulter votre médecin pour qu’il évalue votre risque cardiovasculaire global et vous conseille.

Si l’IMC est :

entre 25,0 et 29,9 kg/m², il existe un surpoids ;
entre 30,0 et 34,9 kg/m², il s’agit d’obésité modérée ;
entre 35,0 et 39,9 kg/m², il s’agit d’une obésité sévère ;
plus de 40 kg/m², on parle d’obésité massive ou morbide.

En 4 : Avoir un régime alimentaire équilibré

Évitez une alimentation trop riche en graisses. Préférez par exemple les viandes blanches, les poissons et les légumes aux charcuteries ou viandes rouges consommées en excès.
Méfiez-vous des plats préparés (industriels). Ils sont souvent trop riches en sucres, graisses et sel.
Attention au grignotage en dehors des principaux repas. Veillez à manger de tout et de façon équilibrée pendant les repas pour ne pas ressentir de sensation de faim.
Privilégiez une cuisson à la vapeur plutôt qu’au beurre ou en friture. Méfiez-vous aussi des plats mijotés en sauce, riches en graisses.
Privilégiez le poisson, les fruits et les légumes, les légumes secs, les céréales complètes et les huiles de colza, d’olive, ou de noix.

En 5 : Maintenir une activité physique régulière (marche d’un bon pas 30 mn par jours ou 45 mn si marche plus lente et 5 jours au moins par semaine) et réduire la sédentarité.

En 6 : Ne pas boire plus de 10 verres de boissons alcoolisées par semaine, sans dépasser 2 verres d’alcool sur une journée et en réservant des jours sans consommation d’alcool. Un verre d’alcool est égal à 10 grammes d’alcool pur. Dans le cas où cet alcool est dilué, l’équivalence est de 10 centilitres pour un ballon de vin à 12 degrés, 2,5 cl pour un verre de pastis à 45°, 2,5 cl pour un verre de whisky à 40°, 10 cl pour une coupe de champagne à 12°, 7 cl pour un verre d’apéritif à 18°, 25 cl pour un demi de bière à 5°.

En 7 : Consulter son médecin, plus spécifiquement pour identifier notamment une fibrillation auriculaire, et à cette occasion, évoquer avec lui le risque cardiovasculaire et faire le point.

En 8 : Attention aux stress.

En 9 : Vérifier régulièrement son taux de sucre dans le sang (glycémie) pour le diabète.

En 10 : Vérifier ses taux de triglycerides et de cholestérol.

Françoise Pariente Ichou conclut par ces mots :

“En France, l’AVC est la première cause de handicap acquis et la deuxième cause de démence après la maladie d’Alzheimer tous sexes confondus, c’est la première cause de mortalité chez la femme et la troisième cause de mortalité chez l’homme“.

“J’ai fait un AVC à 50 ans, trop peu connu, par dissection de mon artère carotide interne gauche. Mon AVC s’est manifesté par une hémiplégie brutale et massive (paralysie de tout mon hémicorps droit), la véritable urgence ! Mais comme pour tout AVC. A mon stade, une seule chose à faire lorsqu’on a la chance de ne pas être seule, composer le 15 SAMU (ou le 112 en Europe). J’ai eu beaucoup de chance ce jour-là, un petit bonhomme de 7 ans était à mes côtés, le seul valide dans l’appartement lorsque je me suis paralysée et je lui dois d’être en vie, sans oublier ma maman dans l’incapacité de bouger mais qui a pu parler aux secours grâce à Gregory.
Lorsqu’on entend « untel a fait un AVC » on pense à une personne âgée. Et ce n’est pas vrai, plus de 25% des patients ayant eu un AVC ont moins de soixante-cinq ans.

Alors est-ce fréquent une dissection carotidienne ? Oui et non à la fois.
Oui, parce que c’est la principale cause d’AVC de l’adulte jeune (40 à 45 ans en moyenne).
Non, car elle ne représente que 20% des AVC ischémiques ou infarctus cérébral, ces derniers représentant 80% des AVC.

Peut-on prévenir un AVC par dissection carotidienne ? Tout d’abord, savoir qu’elle peut être d’origine traumatique ou survenir de façon apparemment spontanée (parfois chez un patient ayant une artériopathie sous-jacente) :
Dans la première situation, celle d’un contexte traumatique, retenir que «toute chute d’une paupière (un œil qui parait plus petit que l’autre) avec un myosis (une pupille rétrécie), ce qu’on appelle un «Claude Bernard Horner» dans le langage médical, est une dissection carotidienne jusqu’à preuve du contraire.
Penser dans la deuxième situation, en cas de survenue de céphalées ou d’une cervicalgie, suite à un geste brutal ou non au niveau du cou et consulter vite devant l’une de ces situations pour permettre de poser le bon diagnostic avant que ne survienne l’AVC.
Une dissection carotidienne est la principale cause d’AVC du sujet jeune, c’est ce qui m’est arrivé suite à une chute de vélo trois semaines avant mon AVC.
C’est aussi cela prévenir un AVC lorsqu’il est d’origine traumatique !“

Luttons tous ensemble au nom de la PREVENTION.