Coup de Cœur Média

Quand la femme se réveille….

Ecrit par Martine Abbou

Chères amies,

Comme promis, en cette période estivale, Laurence Grenier offre à la communauté de wimadame,  une parenthèse de vie et sa découverte de Proust.

«Longtemps je me suis couchée de bonheur ».

Je vivais en Amérique et cherchant sans le savoir un éblouissement, une vérité dans ce que j’entreprenais, la peinture que je vendais, les artistes que je rencontrais, les modèles décoratifs que je créais, les relations que j’entretenais, la famille que je chérissais, la nostalgie de mon pays que je conservais ; rien ne me satisfaisait totalement.

Le hasard voulut que je commence à lire  A la recherche du temps perdu de Marcel Proust, et soudain, après un début assez difficile, page 62, le choc esthétique, l’émotion incontrôlable, la découverte d’une profondeur que je ne savais pas que j’avais. Les 3000 pages suivantes s’envolèrent, un sanglot remontant ma gorge, ici et là: j’étais conquise, je devenais Proustienne, il ne me restait qu’à convaincre le monde qui connaissait de réputation l’auteur, mais ne le lisait pas, de la magie d’un grand livre.

Etrange rencontre entre le vieux monde de l’Europe de la belle Epoque et le nouveau monde de l’Amérique du XXIème siècle,  entre une société d’oisifs rassis et snobs et une société de l’entreprise et du dynamisme sans préjugés. D’une société qui prisait les réseaux prédéterminés par la naissance et d’un avenir où le choix est ouvert, où les femmes ne se cantonnent plus dans des rôles subalternes, où la mobilité qui faisait exception est devenue la règle, où les communautés d’esprit et d’idées ont éclaté, se sont recomposées, déplacées.  

Je me découvris une âme de prosélyte, un amour pour la parole à partager ; j’avais trouvé mon sujet : faire lire Proust, le faire intervenir dans tous les domaines de la vraie vie, celle qui vous fait vous découvrir, grandir, partager, comprendre les autres, et, à partir du particulier, du petit, du mesquin, atteindre à l’universel.

C’est pourquoi c’est avec joie que j’ai accepté la proposition de Martine Abbou : tenir cette chronique, que j’aimerais nommer, non pas le questionnaire de Proust, mais Proust vous répond… Dans la mesure du possible, j’aimerais pour chacune de nos interrogations, nos observations, nos inquiétudes ou nos espérances, citer un extrait du chef-d’oeuvre de Marcel Proust (A la recherche du temps perdu, son seul roman, plus de 3000 pages, 7 volumes : Du côté de chez Swann, A l’ombre des jeunes filles en fleurs, Le côté de Guermantes, Sodome et Gomorrhe, La Prisonnière, Albertine disparue, Le Temps retrouvé). Une réflexion assise sur une grande oeuvre, celle d’un écrivain qui comprit tout et nous transmit tout, un écrivain qui commença tout par :

« Longtemps je me suis couché de bonne heure. »
Comme vous chères lectrices, je vais  découvrir celui qui a écrit couché dans une chambre aux rideaux fermés pour se protéger entre autres de ces terribles crises d’asthme.

Belle lecture.

Martine

 

 

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