Réflexions, conseils & business

Longue vie à l’entrepreneuriat durable

Ecrit par wimadame

Texte rédigé par Nathalie Hutter-Lardeau
CEO et fondatrice d’Atlantic Santé, participante au G20 des Jeunes Entrepreneurs 2019

L’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté le 25 septembre 2015 un programme de développement durable à l’horizon 2030 (Agenda 2030), repris dans un document intitulé « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 ».

A l’instar de ce projet, le G20 des jeunes Entrepreneurs (G20 YEA Young Entrepreneurs’ Alliance) s’organisait cette année autour de la thématique « Imagination Economy for a Sustainable Future », pour un esprit d’entreprise partagé et inclusif dans un environnement durable.

Pourquoi cette ambition émerge-t-elle autant ? « L’homo economicus » serait-il en train de disparaitre au profit de « l’homo universalis » ? En substance, une nouvelle société qui remet en cause la loi d’Airain tournée marché et compétition au profit d’une société plus humaine et solidaire éradiquant la pauvreté et les inégalités en assurant sa transition écologique.

Le rôle de l’entrepreneur(e) vertueux(se)

Les entreprises ont un rôle à jouer. C’est une évidence. Dans ce contexte, elles ont le devoir de représenter ce nouveau paradigme d’entreprise plus sociale, plus collaborative (participative, intrapreneuriale…), plus innovante (en acceptant des modèles disruptifs), favorisant la mixité et la persité (handicap, seniorité, parité, minorité…), le lien, l’intégration de profils hétéroclites… une entreprise plus inclusive. A titre d’exemple, les entreprises les plus féminisées seraient plus performantes. Selon l’Observatoire de la féminisation1, les actions des entreprises dont plus de 35 % des cadres sont des femmes font beaucoup mieux sur les marchés financiers que le CAC 40. En parallèle, les femmes entrepreneures ont du mal à lever des fonds². Cette année, les levées de fonds pour les entrepreneures sont même en baisse. Une situation inquiétante et qui montre la difficulté des femmes à être financées. Le plafond de verre demeure.

Sous la conduite de l’association Citizen Entrepreneurs, les entrepreneurs français qui représentaient la France au sommet du G20 des Jeunes Entrepreneurs au Japon symbolisent l’écosystème entrepreneurial de notre pays dans sa croissance, sa persité (21 % de femmes entrepreneures), sa distribution géographique (31 % issus des territoires), ses secteurs d’activité et sa vision globale (86 % ont des activités à l’international). Ils reviennent avec la ferme intention d’encourager les modèles d’entreprises durables.

En lien avec les exigences de la société civile, l’entreprise se doit de repenser sa place dans la société avec une gouvernance alliant éthique, équité et performance durable. Cela passe par l’implication de toutes les parties prenantes de l’entreprise (collaborateurs, fournisseurs et clients). Le rôle du(de la) chef(fe) d’entreprise est fondamental. Il ou elle encouragera et adoptera de nouveaux modèles d’entreprise innovants et développera des entreprises qui s’attaqueront directement aux problèmes sociaux et environnementaux.

Le numérique au service d’une société inclusive

N’oublions pas l’impact positif des nouvelles technologies (blockchain, IoT, intelligence artificielle, etc.) et de nouveaux services innovants qui favorisent le partage. Sans angélisme béat, restons vigilants sur les risques liés à la circulation des données, à la confidentialité et à la cyber sécurité. Mais, pour autant, les activités numériques doivent aider à transformer ce nouveau modèle d’entreprises plus transparentes.

Aujourd’hui, 13 millions de Français n’utilisent pas ou peu Internet3. Le déploiement d’infrastructures numériques, l’accompagnement de tous les citoyens dans les usages sont les deux piliers pour lutter contre la fracture numérique et les inégalités qu’elle peut engendrer. De la même façon, les services électroniques de l’administration publique sont essentiels pour favoriser la croissance économique et l’innovation. Cela passe, par exemple, par des procédures administratives simplifiées ou bien encore par un environnement plus favorable aux entreprises, PME et ETI.

Une éducation entrepreneuriale pour une « Société 5.0 »

Garantir l’employabilité future des étudiants implique la nécessité de repenser les programmes d’enseignement. Les systèmes éducatifs doivent faire beaucoup plus pour enseigner l’ensemble des compétences entrepreneuriales. Il est d’ailleurs regrettable que ces compétences ne fassent pas l’objet de programmes à part entière au même titre que des matières de base que sont le français, les maths ou les langues étrangères. L’association 100 000 entrepreneurs4 intervient déjà dans de nombreux collèges, lycées et établissements de l’enseignement supérieur français. Elle joue ce rôle éducatif pour encourager, convaincre et rallier cette jeune génération à l’esprit entrepreneurial.

Mais ce n’est pas suffisant, bien évidemment. Car la réalité économique touche les générations précédentes, sur tout le territoire français. L’entreprise a un rôle extrêmement important dans l’accompagnement des parcours professionnels et de la formation aux nouveaux métiers, voire aux désirs de création d’entreprise. De la même manière, les inpidus qui ont un désir d’entreprendre doivent pouvoir compter sur des structures publiques, parapubliques ou associatives pour être accompagnés. Il y a encore du chemin à parcourir. Mais n’oublions pas qu’en 2017, 349 000 entreprises classiques ont été créées. Et si l’on y inclue les micro-entreprises, le nombre de créations frôle les 600 000, soit 7 % de plus qu’en 20165. Il y a encore une marge de progression. Vive l’entrepreneuriat.

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3 Plusieurs enquêtes de La Mission Société Numérique : https://societenumerique.gouv.fr/13-millions-de-francais-en-difficulte-avec-le-numerique/  – Le Baromètre du Numérique, réalisé par le CREDOC est mené en partenariat avec l’Arcep et le CGE. L’enquête Capacity est co-financée avec l’Agence Nationale de la Recherche.
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