Edito

Construire un social-business au feminin!

Ecrit par Martine Abbou

La micro  finance n’est pas un acte de charité…

L’économiste Maria Nowak a préfacé le beau livre écrit par Muhammad Yunus et explique qu’effectivement «il y a eu des dérives de certaines institutions, surtout en Inde. Normalement le microcrédit est utilisé pour aider les populations défavorisés à la création d’entreprises. Certains l’ont transformé en crédit à la consommation, avec des taux prohibitifs, parfois de 50% ou de 100% à rembourser chaque année, c’était de l’usure.»

M. STANLEY FISCHER, Vice-Présidentde Citigroup, ancien Directeur général adjoint et Économiste en chef du FMI et ancien Vice-Président de la Banque mondiale, a déclaré que les coûts des transactions et de l’administration des opérations de crédit étaient le plus grand obstacle au développement de la microfinance.  L’amortissement de ces frais est difficile quand on s’adresse à une clientèle aux moyens limités, a estimé M. Fischer.  Bien que la solvabilité des emprunteurs soit bonne, a-t-il dit, on ne peut pas en conclure que la microfinance soit immunisée contre des crises causées par le non-remboursement des emprunts, à l’évolution des taux de change, ou à l’impact de mauvaises réglementations nationales.  Il faudrait en outre réduire le nombre des lois et règlements auxquels sont confrontés les promoteurs de services financiers.  Il faudrait uniformiser la législation en vigueur dans les différents pays d’une même région, afin de simplifier les procédures, a recommandé M. Fischer.  La microfinance, a fait remarquer M. Fischer, ne pourra se développer tant que les populations occidentales continueront à considérer, à tort, que la microfinance est une œuvre de charité.  Les médias ont un rôle à jouer pour corriger cette image.

la micro finance doit être un nouveau modèle de financement pour la petite entreprise car elle est un moyen efficace contre la misère et la faim. Elle contribue beaucoup à l’amélioration de la vie des femmes en premier  à leur autonomisation et aussi aux hommes.

Pourquoi ne pas  développer plus en France le micro crédit?

Les problèmes qui se posent aux institutions de micro finance sont d’abord liés aux coûts administratifs  de leur fonctionnement toujours trop élevés et parfois aux taux d’intérêts capricieux, p roportionnels cependant à la demande. Pourquoi jetons nous un regard négatif sur la microfinance en général. Comme s’en inquiète Maria Nowak, «ce sont des institutions qui reposent sur la confiance», il ne faudrait pas que le lien se brise pour un modèle économique, aussi imparfait soit-il, qui a tout de même permis à plusieurs millions de personnes de sortir de la pauvreté.

Les Dérives

Au-delà des déconvenues de Mohammed Yunus, la microfinance est de moins en moins vue comme la solution miracle pour lutter contre la pauvreté. La crise financière et des affaires de corruption sont passées par là. En Amérique Latine, des organismes ont été accusés de demander des taux prohibitifs. En Inde, des fermiers se sont suicidés en grand nombre, après s’être retrouvés dans l’impossibilité de rembourser leurs prêts. Au Cameroun, une banque spécialisée dans la microfinance, ayant 50 000 clients, vient récemment de fermer.

Les bonnes pratiques qui ont permis ces succès devraient être mieux connues, a-t-elle dit, en regrettant que l’information concernant les bonnes pratiques ne circule pas de manière satisfaisante.  Les gouvernements devraient promouvoir le microcrédit dans le cadre des programmes de lutte contre la pauvreté en créant des structures nationales de gestion et des réglementations qui favoriseraient le fonctionnement de la microfinance, a-t-elle recommandé.

Nouvelle présidence de l’Adie:

A l’occasion de l’Assemblée Générale qui s’est tenue en mars, Catherine Barbaroux a été élue pour assumer la présidence de l’Adie.

Elle prend la suite de Maria Nowak, Présidente et fondatrice de l’association.

Maria Nowak reste impliquée dans l’association et prend le titre de Présidente Fondatrice. Elle restera en outre administratrice de l’Adie, Présidente de l’Association Adie Microfranchise solidaire, de Adie International et de microStart, opération de microcrédit qui vient d’être lancée en Belgique en partenariat avec BNP Paribas, Fortis et le FEI.

Riche d’une longue expérience au service de l’emploi dans le cadre de ses précédentes fonctions, aussi bien dans le secteur privé qu’au sein de l’Etat, Catherine Barbaroux entend, forte de la confiance de Maria Nowak, du soutien du conseil d’administration, des permanents et des bénévoles, «  poursuivre et amplifier le combat de l’Adie parce qu’il est concret, juste, et plus que jamais nécessaire dans le contexte social et économique actuel.»

http://www.adie.org

 

 

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