Coup de projecteur sur...

Le Manager de demain

Ecrit par Martine Abbou

La parole est donnée …
Robert Papin    …. C’était dans le Figaro…

Soutenir les entrepreneur(e)s, l’entrepreneuriat au féminin, soutenir la nouvelle génération, créer des liens, du réseau, une formation plus efficace plus rapide, quel rôle joue finalement les Parents dans les choix de leurs enfants?
Aux états unis parents et enfants sont terriblement endettés pour les études de leurs enfants, sont ils au bord d’une bulle financière?
Wimadame se penche sur ses problématiques de la formation? Média dédié à l’Entrepreneuriat féminin mais pas que, soucieuse de l’avenir des jeunes en France, nous avons souhaité reprendre certains papiers rédigés par Robert Papin. Professeur émérite d’HEC Paris, Robert Papin a créé HEC-Entrepreneurs avec une pédagogie dont la business-school d’Harvard s’est inspirée. Research Professor à Stanford en Californie, Robert  a publié des bestsellers tels « L’Art de Diriger » et créé plusieurs entreprises.

Voila ce qu’écrit Robert Papin : “ L’avenir appartient aux entrepreneurs capables de s’abstraire du quotidien et de rester ouverts sur le monde qui les entourent.
Ceux qui sont également capables de mobiliser très vite leurs collaborateurs afin d’exploiter les opportunités et se protéger des dangers, ceux-là possèdent des qualités beaucoup plus précieuses que la capacité à organiser, coordonner et contrôler.
Durant les vingt dernières années, la diffusion instantanée de l’information et la suppression des barrières douanières ne pouvaient en effet que transformer une concurrence locale en concurrence internationale. Les marges des entreprises allaient donc tôt ou tard fondre comme neige au soleil et tôt ou tard les ingrédients allaient être réunis pour qu’une concurrence exacerbée provoque la disparition des entreprises aux coûts trop élevés.
Très peu de dirigeants avaient pris le temps de se munir d’un crayon pour analyser eux-mêmes leurs comptes de résultat et leurs bilans. Très peu de patrons pouvaient donc détecter à temps la survenance des difficultés, en apprécier la portée et prendre suffisamment tôt les mesures qui en auraient limité la portée.
La maîtrise des prix de revient et la compression des marges bénéficiaires exige désormais un “pilotage” beaucoup plus fin de la gestion et les connaissances en management feront durablement partie des qualités du manager de demain, au même titre que ses qualités de stratège et de tacticien…
Beaucoup de patrons semblent encore ignorer que la seule manière d’éviter le dépôt de bilan c’est de ne pas financer leurs besoins permanents, et notamment leur Besoin en Fonds de Roulement (ou BFR), par des dettes bancaires à court terme
Pour simplifier, le besoin en fonds de roulement correspond à l’argent immobilisé dans les stocks de l’entreprise et dans les crédits consentis par celle-ci à ses clients. Ce besoin représente souvent des montants largement supérieurs au montant des immobilisations.
Tous les patrons vous diront que le BFR d’une entreprise augmente aussi rapidement que son chiffre d’affaires. Mais combien de dirigeants savent calculer ce BFR et combien savent ce qu’il représente en pourcentage de ce chiffre d’affaires ? Et pourtant il s’agit là d’une information stratégique que beaucoup de dirigeants ont découvert à leurs dépens.
Confrontés à la diminution de leurs marges bénéficiaire, certains ont été conduits à augmenter leur chiffre d’affaires en proposant à leurs clients des délais de paiement plus importants.
Imaginons que le besoin en fonds de roulement représente 20% du chiffre d’affaires et que celui-ci soit de 12 millions. Si vous doublez ce chiffre d’affaires, votre BFR augmentera de 20% de 12 millions c’est-à-dire de 2,4 millions, qu’il faudra financer. Si l’entreprise ne dispose pas d’un trésor de guerre, ses dettes bancaires à court terme grimperont en flèche et si le banquier ne suit pas, l’entreprise disparaîtra. On comprend ainsi comment il est possible de mener au dépôt de bilan une affaire plus rapidement et plus sûrement qu’en vendant à perte.
Quelques heures d’apprentissage suffiraient pourtant à éviter un tel drame. Il faut simplement un peu de courage pour s’isoler afin d’assimiler un jargon qui, voici quelques décennies, a conduit un célèbre chef d’entreprise à déclarer:

“Il y a trois sortes d’êtres au langage mystérieux :
Les plus aisés à comprendre sont les Fous,
Puis viennent les Polytechniciens,
Et enfin les Comptables”.