Média Portraits d'entrepreneurs

Femmes inspirantes, liberté je t’aime

Ecrit par Martine Abbou

WIMADAME : LE PORTRAIT DU MOIS    Sophie de Menthon

Vous avez déjà surement vu l’azur vif de son regard décidé à ne pas obéir et entendu son phrasé sans langue de bois. Elle passe pour une grande gueule. Je vois en elle une femme qui n’a pas peur de grand chose. Emblème de la représentation du patronat en France, Sophie de Menthon s’est toujours investie dans la vie associative, pour promouvoir l’entreprise privée.
Elle préside ETHIC, un mouvement dédié aux entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance. Au delà d’éléments biographiques accessibles partout – comme toute personne célèbre – ici, j’ai envie de vous parler d’une belle rencontre. Celle avec une femme aussi sage que disruptive, enfant d’une mère sacrifiée au foyer et d’un père diplomate.
Sa beauté pétillante au volant, elle gare son vélo devant l’Esplanade, son GQ, place des Invalides où nous avons rendez vous. Quelques jours avant l’arrivée du Coronavirus, nous prenons place en terrasse. Sur la réserve au début de notre échange, elle se livre peu à peu laissant libre cours à l’intonation de sa voix sonnant les rimes d’un accent distingué, agréablement précieux.
Il serait trop simple de la cantonner à l’image souvent fausse de « Femme bourgeoise de droite ». Entrepreneuse dans l’âme, Sophie de Menthon, accessible et prudente, est avant tout une amoureuse de liberté, humaine et humaniste.
C’est pourquoi, l’entreprise s’impose à elle naturellement… « J’ai commencé par hasard… J’ai toujours saisi l’opportunité sans avoir de projet réel. En 1976, j’ai lancé une structure de télémarketing en France via un réseau de télétravail au téléphone pour garder mes enfants ! C’est devenu une entreprise de 1400 salariés, vendue au premier groupe mondial TELEPERFORMANCE au bout de 25 ans dans les années 2000. »

Certainement visionnaire sans le savoir, dans les années 90, elle cerne le manque d’amour pour les entrepreneurs en France. C’est alors les débuts de « J’aime ma boîte », une fête quasi populaire ayant vocation à fédérer salariés et entrepreneurs le même jour, en partageant des moments de convivialité.
De là, tout s’accélère, notre belle impatiente a besoin de faire, d’agir.
Pourquoi selon elle ?
« Ne jamais remettre au lendemain …Prioriser les choses n’est pas forcément la solution ».

Futurs projets professionnels ?
« Un livre en cours… Et ” sauver la France” à mon petit niveau pour une reprise économique et sanitaire, cela va être très dur… »
C’est quoi le luxe ?
«  Pour moi, c’est être libre. Il faut aussi s’en donner les moyens. Et puis j’aime le beau. Justement, je suis entrain d’écrire le luxe raconté aux enfants, pour Gallimard Jeunesse.
Les femmes et l’argent. Quel rapport avez-vous à l’argent ?
« Un rapport assez sain, je trouve que j’en ai suffisamment. J’aime en gagner, mais cela n’a jamais été un moteur à mes initiatives… et je n’ai pas de désir au-dessus de mes moyens. »
Qu’aimeriez-vous changer dans votre vie ? Et surtout conserver ?
« Le bonheur est fragile… il faut l’entretenir. »
Qu’est-ce qui vous rend  heureuse aujourd’hui ? Et demain ?
« C’est une succession de moments. Je suis pragmatique, au jour le jour… mais en pensant beaucoup au lendemain, j’ai absolument besoin d’avoir des projets, je ne sais pas vivre sans. »
Quelle est votre vision de l’entreprise en France ? 
« J’ai crée « J’aime ma boite”, la fête des entreprises. Je pense qu’il a fallu réconcilier l’entreprise et les Français et c’est presque fait, à condition que le patron ne gagne pas (trop) d’argent et que ce ne soit pas une multi nationale. »
Pensez vous qu’il existe un entrepreneuriat au féminin ?`
« Bof ! Oui… Ni plus ni moins, mais avec moins d’ambition ! »
Votre devise ?
« Celle de ma grand mère (une garçonne artiste et talentueuse), c’était son ex libris :
« Quoique critiquée, je suis enviée ».
Votre citation préférée ?
« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque, à te regarder ils s’habitueront.» René Char

Qui a marqué votre vie professionnelle ?
« Sans doute Alain Madelin. Pour qui il fallait rendre le monde intelligible, agir, imaginer. Il disait : Quand tu as ta boite tu as plus de pouvoir et de liberté ! »
Vous l’aurez surement compris, loin des caricatures d’aucun, Sophie de Menthon est une tendre malgré les apparences. Une femme passionnée à la volonté de faire.
Bonne route à vous Sophie, et merci pour notre échange.