Et si l’IA n’était pas notre ennemie ?
A vous les lumières de wimadame,
Et si l’IA n’était pas notre ennemie ? Une rencontre sur LinkedIn, une voix, une idée…
Je ne connaissais pas Gary Bramnik il y a encore quelques jours. Une mise en relation, un téléphone, une conversation… et me voilà à découvrir un homme qui parle d’intelligence artificielle avec une énergie plutôt communicative !
Gary s’intéresse à l’IA, à ses usages très concrets dans l’entreprise, à l’automatisation et surtout à la manière dont les entrepreneurs peuvent s’en emparer sans forcément être des spécialistes de la technologie.
Il m’a parlé de ses « 50 astuces IA ».
Alors, nous avons eu envie de lui donner la parole et voir enfin avec lui si nous pouvions au sein de wimadame automatiser certaines taches mais surtout comment animer la communauté.
Parce que l’IA fait aujourd’hui naître deux camps : ceux qui n’en ont pas peur, qui y voient une formidable opportunité… et ceux qui regardent l’avenir avec inquiétude, en se demandant quels métiers, quelles entreprises et peut-être quelle place pour l’humain seront encore là demain.
Qui a raison ? Je ne le sais pas. Et je crois que personne ne le sait vraiment.
Mais une chose est certaine : l’IA est déjà là. La question n’est peut-être plus de savoir s’il faut avoir peur d’elle, mais de savoir ce que nous allons en faire.
Chez wimadame, nous aimons les rencontres qui ouvrent des portes, les conversations qui font réfléchir et les femmes et les hommes qui acceptent de partager leur expérience.
Alors bienvenue à Gary Bramnik dans notre tribune.
50 astuces IA ? Nous sommes curieuses de les découvrir.
Et vous ? Avez-vous peur de l’IA… ou avez-vous simplement envie de comprendre ce qu’elle peut changer dans votre vie et dans votre entreprise ?
L’avenir nous le dira. Mais autant ne pas le regarder passer.
Belle lecture, la parole à Gary.
Martine à Paris
La parole à Gary Bramnik
Fondateur de AI French Touch
Merci de vous présenter, votre entreprise porte votre vision, qui êtes-vous vraiment ?
Moi, c’est Gary Bramnik.
J’ai un parcours un peu atypique : direction financière, crédit management, recouvrement, entrepreneuriat, e-commerce, acquisition, automatisation… J’ai passé près de 25 ans à construire des systèmes pour faire fonctionner des entreprises, parfois de l’intérieur, parfois comme entrepreneur.
Aujourd’hui, je dirige AI French Touch, avec une conviction assez simple : la technologie n’a de valeur que lorsqu’elle produit un résultat concret.
J’aime transformer une idée en système qui fonctionne réellement : automatiser un processus, faire gagner du temps, générer du chiffre d’affaires, fiabiliser une organisation. L’IA et le No-Code sont devenus mes outils de prédilection pour cela.
Mais derrière l’entreprise, je suis surtout quelqu’un de curieux, de pragmatique et d’obsédé par une question : « Comment peut-on faire mieux, plus simplement ? »
Quel a été le déclic qui vous a donné envie d’entreprendre ? Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre entreprise ?
Je crois que je n’ai jamais vraiment « décidé » de devenir entrepreneur. J’ai toujours eu besoin de construire, de tester, d’améliorer et surtout de ne pas subir les règles d’un système lorsqu’elles n’avaient plus de sens.
J’ai créé ma première entreprise il y a près de 30 ans. Depuis, j’ai connu les périodes où tout fonctionne, celles où rien ne fonctionne, les réussites, les erreurs, les pivots et les remises en question.
Aujourd’hui, AI French Touch entre dans une nouvelle phase : je veux aller au-delà de la simple prestation et construire de véritables systèmes intelligents sur mesure pour les PME et ETI, capables de transformer durablement leur façon de travailler et de vendre.
Mon objectif est clair : devenir pour certaines entreprises une sorte de directeur IA externalisé, capable de comprendre leur métier avant de parler technologie.
Malgré vos doutes, vos peurs, vous avancez ? Quel talent ou quelle qualité vous a vraiment permis d’avancer et réussir ?
Oui. Et je pense même que le doute fait partie du parcours.
Ce qui m’a permis d’avancer, c’est probablement ma capacité à repartir de zéro.
Je peux changer de secteur, apprendre un nouvel outil, comprendre un nouveau métier, reconstruire une offre ou remettre en question ce que je pensais acquis.
Et surtout, je suis extrêmement curieux.
Je peux passer des heures à comprendre comment fonctionne une technologie, un marché ou un processus. Cette curiosité peut être fatigante… mais professionnellement, c’est une arme redoutable.
Votre rêve le plus fou ?
Construire une entreprise qui fonctionne à l’intersection de trois choses qui me passionnent : l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat et l’humain.
Et pourquoi pas créer, à terme, une sorte de laboratoire français capable de montrer qu’une petite équipe peut construire des systèmes qui rivalisent avec des organisations beaucoup plus importantes.
Je rêve aussi d’avoir suffisamment de liberté pour choisir les projets auxquels je consacre mon temps, plutôt que de courir après tous les projets qui se présentent.
Votre coup de cœur ?
Les rencontres.
Une bonne rencontre peut complètement changer une trajectoire.
Un client qui vous fait confiance, un entrepreneur qui partage une idée, quelqu’un qui vous ouvre une porte, un collaborateur qui vous surprend…
Je trouve fascinant qu’une conversation de 30 minutes puisse parfois produire des conséquences pendant plusieurs années.
Votre coup de gueule ?
La complexité inutile.
Les entreprises empilent des outils, des réunions, des procédures, des tableaux Excel, des logiciels et maintenant des IA… alors que parfois le vrai problème pourrait être réglé avec trois bonnes questions et un processus beaucoup plus simple.
Je me bats beaucoup contre cette idée qu’il faut nécessairement une solution compliquée pour résoudre un problème important.
La technologie devrait simplifier la vie. Pas créer une nouvelle couche de complexité.
Vos trois mots préférés ?
Curiosité. Liberté. Impact.
Qu’aimeriez-vous changer, simplifier ou faire évoluer dans l’entrepreneuriat ?
J’aimerais qu’on arrête de glorifier uniquement la croissance à tout prix.
Entreprendre, ce n’est pas forcément lever des millions, avoir 50 salariés et faire une sortie spectaculaire.
Cela peut aussi être construire une entreprise rentable, indépendante, utile, qui permet à son dirigeant de vivre correctement et de choisir son rythme de vie.
Et j’aimerais également que l’on rende l’IA beaucoup plus accessible aux PME.
Aujourd’hui, beaucoup de dirigeants savent que l’IA va transformer leur entreprise mais ne savent pas par où commencer. Ils n’ont pas besoin d’un énième PowerPoint sur ChatGPT.
Ils ont besoin de quelqu’un qui regarde leur entreprise et leur dise : « Voilà où vous perdez du temps, voilà ce qu’on peut automatiser, voilà ce que cela va vous rapporter. »
Quel regard portez-vous sur 2027 ? Quelle idée donneriez-vous à un jeune entrepreneur qui démarre ?
2027 sera probablement une année où l’IA sera beaucoup moins spectaculaire… et beaucoup plus intégrée.
On parlera peut-être moins de « l’IA » en tant que technologie et davantage de ce qu’elle fait réellement dans les entreprises : vendre, produire, analyser, répondre aux clients, gérer des opérations.
Aux jeunes entrepreneurs, je dirais une chose :
Ne cherchez pas d’abord à créer une entreprise. Cherchez d’abord un problème suffisamment important à résoudre.
Et allez parler aux clients avant de construire votre solution.
Une idée vaut peu. Une douleur client bien comprise vaut beaucoup plus.
Qu’attendez-vous d’un réseau ? Comment le cultivez-vous ?
J’attends d’un réseau qu’il soit plus qu’un carnet d’adresses.
Un vrai réseau, c’est de la confiance, de la recommandation, de la transmission et parfois simplement le plaisir de rencontrer des personnes avec lesquelles on n’aurait jamais dû se croiser.
Je cultive mon réseau en essayant de donner avant de demander.
Partager une idée, présenter deux personnes qui peuvent avoir intérêt à se connaître, aider quelqu’un sur un sujet, transmettre une opportunité…
Je crois beaucoup à cette logique : un réseau devient puissant lorsqu’on cherche d’abord à être utile.
Quelle personne a particulièrement compté pour vous : un mentor, un associé, un ami, un parent, une rencontre ?
Il y en a plusieurs et, avec le recul, je pense que les personnes qui ont le plus compté sont celles qui m’ont fait confiance à un moment où je n’avais pas encore les preuves que cela fonctionnerait.
Mais je suis aussi reconnaissant envers toutes les personnes qui m’ont mis en difficulté.
Les échecs, les mauvaises rencontres et les périodes compliquées m’ont probablement appris autant que les réussites.
Ils vous obligent à mieux vous connaître.
Quelles questions auriez-vous aimé que je vous pose ?
« Si vous pouviez recommencer votre parcours avec ce que vous savez aujourd’hui, que feriez-vous différemment ? »
Je crois que ma réponse serait : je passerais beaucoup moins de temps à essayer de rentrer dans les cases.
Et probablement beaucoup plus de temps à écouter mon intuition.
Si rêve réalisé, aimeriez-vous participer à la création du Cercle des Lumières, Cercle des 100 ?
Oui, avec plaisir.
À condition que ce soit un cercle où l’on partage réellement des expériences, des idées, des opportunités et parfois aussi les difficultés que l’on ne montre jamais sur LinkedIn.
Je crois beaucoup à l’intelligence collective lorsqu’elle est concrète et bienveillante.
Un mot pour WiMadame ?
Oser.
Parce qu’au fond, beaucoup de parcours commencent par une décision assez simple : oser essayer.
Oser changer.
Oser demander.
Oser recommencer.
Et parfois, simplement, oser être soi-même.
