Portraits d'entrepreneurs

PAG, écrivain d’une nouvelle page de la CCIP

PAG, c’est Pierre Antoine Gailly, le nouveau Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) depuis le 6 janvier 2011.

Il est ce qu’on appelle un Monsieur. Son expérience impressionne par sa diversité. Son noeud papillon légendaire et son regard bleu rieur marquent son anti conformisme agréable et mesuré. Ce diplômé d’HEC, est un homme de chiffres, fonceur raffiné et amoureux de Paris. Il a d’ailleurs su redresser deux emblèmes de la capitale : le Lido et Le Bal du Moulin Rouge.

Au cours de sa carrière, PAG a notamment été Vice-Président Directeur Général de Fininfo (services électroniques d’information financière) et, au sein du Groupe Arnault-LVMH, Président Directeur Général du Bon Marché, puis de Desfossés International (filiale médias du groupe LVMH). Son expertise des grands groupes n’a cependant pas étouffé son goût pour l’entreprenariat, puisqu’en 2000, il crée l’Eolienne, une société de conseil et private equity.

Désormais, il va remplacer Pierre Simon à la Présidence de la CCIP. Institution qu’il connaît comme sa poche puisqu’il en fût le Trésorier.  En parallèle de sa nouvelle fonction il souhaite continuer à assurer la Présidence du Conseil de Surveillance du Lido et celle de l’Union des Chambres de Commerce et d’Industrie Françaises à l’Etranger (UCCIFE).

 

Continuité et rupture

Le 31 décembre 2012 la CCIP se transformera en Chambre Régionale. Là ne réside certes pas tout l’enjeu de la prise de fonction de PAG, mais il doit tout de même assurer la mutation de l’Institution née en 1803.

Ses expériences au sein de l’entreprise lui ont apporté une ouverture d’esprit et le goût du risque calculé : « Je vais avoir comme mission au sein de mes activités d’installer en 4 ans un cercle vertueux de compétences, de confiance, de succès avec des outils simples et opérationnels ».

C’est peut être parce qu’il aime sincèrement le monde entrepreneurial et l’Europe, qu’il a une vision du futur de la CCIP, souvent taxée d’immobilisme. Il a à cœur « d’inventer un autre modèle de vie institutionnelle» et d’ajouter : « Ma principale mission va être de surmonter les incompréhensions  et les tensions internes au profit d’une volonté d’aboutir à un objectif commun : satisfaire le client, à savoir l’entreprise en Ile de France. »

Diriger des équipes, il sait ce que c’est. Cette fois, ce sont les manettes d’un paquebot qu’il doit prendre. Il va devoir orchestrer et naviguer entre changements, conservations, développements, optimisation et actions : « Nous serons obligés d’arrêter certains services compétents élaborés par des gens compétents, car l’entreprise (le client) n’en a plus besoin ! »

30 millions de fiscalité en moins pour la CCIP.  Paradoxalement, PAG s’en réjouit pour l’entreprise. « Cela veut dire moins d’impôts pour l’entrepreneur et un changement inévitable pour la CCIP».

 

Plan d’action

Pour servir les objectifs de la CCIP, cinq lignes directrices doivent être suivies selon PAG. Les mêmes que pour une entreprise. Il faut « être à l’écoute du marché ; répondre à la demande des entreprises, optimiser les fonctions supports, plus d’actions de proximité et d’avantage d’investissement pour développer les formations dans les écoles ».

Il va donc tenter avec des idées simples, d’accompagner, de conseiller et de former pour participer au développement économique des entreprises. La CCIP, « c’est un groupe de sociétés de services qui reçoit un impôt au service de l’entreprise, sans oublier que 2/3 de notre budget est consacré à la formation, de l’apprentissage, jusqu’aux grandes écoles »

En ce sens, la CCIP forme chaque année 14 000 étudiants dont 4000 apprentis, « des jeunes employables immédiatement ».


PAG et l’entrepreneuriat

« Certes il n’est pas facile d’entreprendre dans notre pays mais c’est possible. Le problème vient après ». En effet, pour éviter les lourdeurs de fiscalité, les Français ont la tendance de vendre rapidement leur boite.

Cet expert de l’entreprise, petite ou grande,  sait observer ce qui se passe ailleurs en Europe : « Les Anglos saxons considèrent que la valorisation de leurs entreprises est liée à sa durée de vie, ils les gardent donc plus longtemps. Quant aux Allemands, la culture très forte de la transmission au sein de la famille, les conduit à garder l’entreprise durablement tout au long de leurs vies, comme un enfant ».

 

PAG et les femmes

« Je ne sais pas s’il existe une spécificité dans le management mais ce que je sais c’est que la volonté de créer, d’entreprendre, la liberté d’agir, de toute évidence en 2011, appartiennent autant à l’homme qu’à la femme ! ».

Mais l’homme marié à une « femme de talent », père de quatre enfants, ajoute qu’ « il faudra dans le futur avant tout s’organiser dans le couple face aux enfants ».

Au travail à la ccip, Il reconnaît avoir  la chance d’avoir à ses cotés une femme remarquable ayant le sens de la négociation et de la gestion des relations humaines.

Il  tient à rendre hommage à Michèle Haby- Arlen, dont il admire le travail de Directrice Générale Déléguée de la CCIP : « A chaque fois qu’un problème est posé elle trouve toujours une solution ».

PAG n’a donc pas été élu pour maintenir un cap. Il va devoir changer les choses, faire comprendre sa vision, et tout mettre en œuvre pour l’appliquer. Il sera donc un entrepreneur, une fois de plus.

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